Outils d'accessibilité

Accéder au contenu principal
le 31 Août 2025

Tags

A57 – Un chantier, des vies (Partie 2)

Cet été, nous vous invitons à découvrir autrement le chantier d’élargissement de l’A57 à Toulon (2ème partie).

Non pas à travers les chiffres, les engins ou les délais, mais à travers les femmes et les hommes qui l’ont incarné de l’intérieur.

 Le 24 juillet, Salvador Nunez a été honoré pour son travail exceptionnel sur le chantier de l’A57.

Aussi, Josée Massi, maire de Toulon, lui a rendu un vibrant hommage, en lui remettant la médaille de la Ville. Un hommage appuyé, à la hauteur du chantier hors norme qu’il a dirigé pendant quatre ans.

Ce geste symbolique fort a conclu le chantier les plus emblématiques de la métropole, à savoir l’élargissement de l’autoroute A57.

« Tout le monde sait ce que la ville de Toulon lui doit mais à l’heure où sa mission prend fin dans notre métropole, il était important de prendre le temps de le remercier et de rappeler que durant ces quatre ans de travaux, ce dernier était plus que le directeur du plus gros chantier de la métropole. Il a été un véritable partenaire de nos institutions, un interlocuteur attentif et réactif », a lancé Josée Massi, lors de la cérémonie organisée en son honneur.

« Dès que l’opportunité s’est présentée, vous êtes venu travailler dans le Sud. Comme vous aimez relever les défis, vous êtes devenu chez VINCI, le spécialiste des chantiers difficiles et complexes, ce qui était le cas de l’élargissement de notre A57. Vous êtes un ingénieur de talent mais ceux qui travaillent avec vous, sous vos ordres, vous définissent avant tout comme un homme de terrain. L’ambiance feutrée des bureaux n’est pas votre univers », a souligné la maire de Toulon.

En effet, durant 4 ans, Salvador Nunez a dirigé les travaux de ce projet titanesque pour le compte de VINCI Autoroutes. Si son nom est bien connu des acteurs du territoire, c’est autant pour ses compétences techniques que pour sa proximité avec les élus, les riverains et les usagers.

HOMME DE DEFIS ET DE PROXIMITE

« Salvador Nunez a été bien plus que le directeur d’un grand chantier, il a été un véritable partenaire », a souligné Josée Massi.

Ingénieur en génie civil, spécialiste reconnu des projets complexes, l’Andalou d’origine n’a jamais perdu son goût pour le terrain où il se distingue par son style inimitable et son sens du contact. Ainsi, sous sa direction, le chantier de l’A57 a permis la création de 7 kilomètres de voies supplémentaires, la construction de six ouvrages d’art (sept en comptant la passerelle), dans une zone urbaine dense avec 110 000 véhicules par jour, une prouesse rarement réalisée.

« Votre passion, depuis tout petit, c’est de construire des ponts, ce qui a influencé vos études et déterminé votre carrière. Vous étiez prédestiné au génie civil et avec le temps et l’expérience, vous êtes devenu spécialiste des chantiers complexes. Vous dirigez depuis plus de 20 ans les grands travaux d’ASF - Autoroutes du Sud de la France pour Vinci Autoroutes », a fait remarquer la première magistrate.

Par exemple, dès le début des travaux, des agents de liaison ont été mobilisés pour répondre aux préoccupations des habitants. Plus encore que la technicité, c’est la gestion humaine du projet et sa capacité d’adaptation qui ont marqué les esprits. Le directeur opérationnel de l'A57 a mis en place un dialogue constant avec les habitants et les institutions, allant jusqu’à adapter les plannings de fermetures autoroutières pour respecter le calendrier du RCT ou pour trouver des compromis sur des dossiers sensibles, comme celui du quartier Californie.

BATISSEUR ATTENTIF

« L’ambiance feutrée des bureaux n’est pas son univers », a rappelé Josée Massi, évoquant avec humour ses célèbres tenues camarguaises et ses chemises à fleurs.

« L'homme aime l’action, le concret, le contact direct, avec les équipes comme avec les riverains. Dans les dossiers sensibles, comme celui du quartier Californie, il a su écouter, négocier, et construire une solution équilibrée. Une grande preuve de respect », a glissé la maire, non sans sourire, à propos de ce passionné du Real Madrid.

À l’heure des remerciements, elle n’a donc pas seulement honoré l’ingénieur. Elle a salué un homme de terrain, un partenaire, un bâtisseur attentif au moindre détail — technique, humain, ou institutionnel : « Il a été bien plus que le directeur du plus grand chantier de la Métropole. Il a été un véritable partenaire de nos institutions, un interlocuteur attentif et réactif ».

« Ici, vous serez toujours le bienvenu et considérez-vous comme un citoyen d’honneur de notre ville », a conclu la maire, avant de lui remettre la médaille de Toulon.

244 coulisses A57 2

Enfin, il repart en Occitanie, mais garde une place de choix dans le cœur des Toulonnais. Originaire de Séville, Salvador Nunez revendique fièrement ses racines. « Andalou jusqu’au fond de l’âme », il retrouve la région de Montpellier et un mode de vie proche de sa terre natale. Un retour aux sources, sans renier les années toulonnaises, riches en défis et en liens humains.

244 coulisses A57 3

Photos Ville de Toulon.

Sophie LETHUIN – FARGE : « Une communication de chantier à visage humain »

Pendant plus de huit ans, Sophie Lethuin-Farge, responsable communication chez VINCI Autoroutes, a porté la voix du chantier.

244 coulisses A57 5

Derrière chaque panneau d'information, chaque entretien à la radio, chaque article de presse ou à l'occasion de rencontres avec les riverains, il y avait la volonté d’établir un lien sincère. La communication était plus qu’un outil… un engagement.

Elle répond aux questions de La Gazette du Var.

Avant de bâtir une stratégie de communication pour un chantier aussi long que celui de l’élargissement de l’A57 sur 3 voies et 7 kilomètres dans le milieu urbain toulonnais avec un trafic très dense, quelle a été votre approche initiale ?

Sophie LETHUIN-FARGE : Nous avons commencé en 2017, bien en amont du démarrage effectif des travaux, avec une conviction forte : avant d’écrire un plan de communication, il fallait apprendre à connaître le territoire. On a donc rencontré les élus, les associations, les commerçants, les riverains… tous ceux qui font le tissu local. Ce n’est qu’après cette phase d’écoute que nous avons pu construire une stratégie adaptée, différenciée selon nos publics, et surtout crédible.

Cette stratégie a-t-elle été ajustée au fil du chantier ?

SLF. Absolument. Ce n’était pas un plan figé sur quatre ans. Nous avons travaillé par cycles de six mois, pour pouvoir rester réactifs, notamment face aux aléas techniques du chantier. Une communication rigide aurait été contre-productive. Au contraire, il fallait s’adapter en permanence et maintenir un dialogue fluide.

Concrètement, quels outils et relais avez-vous mis en place pour maintenir ce lien ?

SLF. Nous avons multiplié les supports : des flyers distribués dans les quartiers concernés, des pages dans le journal de chantier, des spots radios sur le 107,7 FM notamment, avec des décrochages locaux, et surtout, des agents de liaison positionnés sur tout le périmètre du chantier. Chaque semaine, nous tenions une réunion pour les informer des étapes à venir. Ils étaient sur le terrain pour répondre aux riverains, parfois sur des points très concrets, parfois plus sensibles. Il s’agissait d’être accessibles, pédagogues, et proches.

Avez-vous été amenée à gérer des situations imprévues ?

SLF. Oui, notamment autour des intrusions nocturnes sur le chantier. Certains automobilistes déplaçaient les balisages pour gagner quelques minutes… avec tous les risques que cela comporte. On a donc mené des campagnes de prévention ciblées. Idem pour expliquer pourquoi la vitesse était limitée, ou comment les palmiers avaient été transplantés, et non détruits. Il fallait beaucoup de pédagogie, sur tous les fronts.

Et sur le plan humain, comment avez-vous vécu ce chantier personnellement ?

SLF. Ce fut une aventure exceptionnelle. J’ai suivi ce projet du début jusqu’à son inauguration. Je l’ai vu naître, évoluer, se transformer. C’était un chantier vivant, fourmillant, et surtout, extrêmement humain. Les liens noués avec mes collègues, avec les équipes techniques, avec les riverains parfois… ce sont des choses qui vous marquent profondément.

Cette expérience vous a-t-elle changée ?

SLF. Oui, profondément. Parce qu’il n’y avait pas de hiérarchie étouffante. Chacun avait sa place, sa mission, son espace pour parler. J’ai eu la chance de travailler avec un directeur très à l’écoute, Salvador Nunez, qui a toujours porté l’idée qu’un chantier de cette ampleur ne peut pas être mené sans une vraie attention aux gens. On ne construit pas uniquement des kilomètres de bitume. On tisse aussi des liens, on crée de la relation.

L’inauguration a été très forte sur le plan émotionnel, non ?

SLF. Oh oui… Préparer une visite ministérielle, accueillir le président, le directeur général de VINCI, le président de Vinci Autoroutes, toutes les équipes, les invités extérieurs, penser au moindre détail, produire un film de chantier….

Et sur le plan personnel, cela n’a pas été trop prenant ?

SLF. J’ai travaillé sur ce chantier avec mon conjoint, ce qui était une première. Mais on a toujours su faire la part des choses. Au bureau, on était collègues avant tout. Et à la maison, on maintenait notre vie de famille comme à l’accoutumée. On parlait très peu du chantier. Et puis, tous ces moments partagés sur ce chantier et dans notre équipe ont créé des liens forts. Des amitiés se sont forgées. Ce n’est pas tous les jours qu’on vit une aventure de cette intensité.

Propos recueillis par Pierre BEGLIOMINI – Photos VINCI Autoroutes - Jean-Philippe Moulet.