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le 13 Janvier 2026

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En 2026, l'addition sera salée pour les adhérents des mutuelles

Les dépenses de santé, couvertes par la Sécurité sociale comme par les mutuelles, augmentent continuellement depuis 15 ans.

Dominique Viot et des membres de la Mutualité Française Sud devant une roue d'animation sur la santé.
Dominique Viot (au centre), président de la délégation du Var de la Mutualité Française, appelle à une réforme structurelle du système de santé face à l'inflation des coûts.

Les causes sont bien connues (vieillissement de la population, maladies chroniques, innovations technologiques, etc.). Après une hausse moyenne de 1,8% par an entre 2013 et 2020, l’augmentation s’intensifie depuis 2020 : +4,4% par an, soit + 22% en 5 ans.

ANOMALIE EUROPEENNE

« En plus de cette augmentation structurelle, cette année, les mutuelles devront supporter un transfert de 400 millions d’€ sur champ hospitalier, de 600 millions d’€ sur les indemnités journalières et une nouvelle taxe, véritable « TVA sur la santé », d’un milliard d’€ qui sera supportée par les assurés en bout de chaine », se désole Dominique Viot, président de la délégation du Var de la Mutualité Française.

De plus, avec une taxe sur les contrats qui grimpe à 16 %, la France est une anomalie européenne.

Le responsable mutualiste explique : « Le Gouvernement et les parlementaires vont faire payer les assurés mais sans l’assumer et en tentant de déplacer la responsabilité sur les complémentaires santé ».

Concrètement, la Sécurité sociale se désengage, les pouvoirs publics taxent et les mutuelles compensent.

« Or, les mutuelles sont gérées conformément à leurs obligations prudentielles qui leur imposent de réaliser leur activité de manière « saine et prudente », elles ne peuvent pas s’endetter, contrairement à la Sécurité sociale. Elles ajustent leurs cotisations au plus près des prévisions du risque à couvrir », ajoute Dominique Viot.

Ainsi, l’écart moyen entre la croissance de cotisations et la croissance de prestations des mutuelles n’est que 0,3% par an entre 2011 et 2024. Et, parce que les dépenses vont rester dynamiques en 2026, les cotisations augmenteront en 2026 en moyenne de 4,3% pour les contrats individuels et de 4,7% pour les contrats collectifs.

Mais le plus grave est ailleurs selon le responsable de la Mutualité Française : « J'accuse le PLFSS pour 2026 d'être irresponsable car l'ONDAM (prévision des dépenses de santé) est insincère, le déficit considérable, et le système de santé fragilisé d’année en année. Si nous n’agissons pas, nous tiendrons le même discours l’an prochain et la courbe inflationniste continuera de grimper, portée par le vieillissement de la population et le coût des innovations médicales ».

APPEL AUX CITOYENS

Pourtant ce n’est pas une fatalité.

Agir pour l’efficience, réduire les actes redondants, lutter contre la fraude, investir massivement dans la prévention sont une urgence absolue. Selon la Cour des comptes, 50 milliards d’€ de dépenses pourraient être évitées, dont 20 milliards d’€ immédiatement. Selon le haut Conseil au Financement de la Protection Sociale, la fraude sociale s’élève à 14 milliards d’€.

« Nous sommes à la croisée des chemins. Construisons le système des 10, 20, 30 prochaines années. Cela ne se fera pas sans les citoyens. C’est pourquoi, acteurs de la Société civile, nous lançons un appel fort aux professionnels et aux citoyens, dans le cadre des États généraux, pour choisir le modèle de santé de demain. Agissons maintenant, avant qu’il ne soit trop tard », avertit le président de la Mutualité Française du Var.

Photo Philippe OLIVIER.