26/07/2026

Joël Giraud : « La relance passe aussi par les territoires ruraux » ! Joël GIRAUD répond aux…

Les 18 et 19 février, Joël Giraud, secrétaire d’État auprès de la Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les Collectivités…

GCPar Gilles CARVOYEUR Photo PRESSE AGENCEJournaliste 3 mars 2021 Lecture : 5 min
Joël Giraud : « La relance passe aussi par les territoires ruraux » ! Joël GIRAUD répond aux questions de La Gazette du Var.
Joël Giraud : « La relance passe aussi par les territoires ruraux » ! Joël GIRAUD répond aux questions de La Gazette du Var.© La Gazette du Var
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Quel est le but de votre venue dans le Var ?

Ce déplacement dans le Var symbolise tout ce que peut être une ruralité conquérante. Je suis allé à la rencontre des trufficulteurs de la Maison de la truffe d’Aups et du Verdon puis j’ai inauguré un espace France Services à Salernes. C’était aussi l’occasion de visiter une friche et de signer la convention Petites Villes de demain de Saint-Maximin. Ces séquences illustrent l’action du Gouvernement en faveur de la ruralité et notre volonté de faire des territoires ruraux des lieux attractifs et dynamiques. Enfin, pour clore ces deux jours, je me suis rendu au lycée agricole Provence Verte, à la rencontre des équipes de l’établissement et des élèves pour échanger avec eux. La dernière étape de cette visite a permis d’illustrer de manière concrète la territorialisation des crédits du plan France Relance, par le soutien au projet de rénovation d’une école à La Roquebrussanne. La relance passe aussi par les territoires ruraux !

Joël Giraud : « La relance passe aussi par les territoires ruraux » ! Joël GIRAUD répond aux questions de La Gazette du Var.

Comment pouvez-vous définir le rôle de votre ministère ?

Je suis le représentant des territoires ruraux dans ce Gouvernement et mon rôle consiste à faire avancer la cause de la ruralité auprès des différents ministres. La création de mon ministère découle de l’Agenda Rural et de ses 181 mesures, décidées à la suite du mouvement des gilets jaunes. Et, le dispositif Petites Villes de demain, est également issu de la réunion du Parlement rural, qui réunissait 200 personnes (élus, experts, citoyens), mis en place également à la suite du mouvement des gilets jaunes. De toutes ces concertations, 181 mesures ont été retenues. Mon rôle est de mettre en œuvre toutes ces mesures, de les faire vivre et cela fonctionne très bien ! D’ailleurs, notre action a été saluée par l’Association des Maires Ruraux de France.

Plusieurs villes du Var ont été retenues dans le dispositif Petites Villes de demain, et notamment la ville de Saint-Maximin. Que peut apporter un tel dispositif ?

Concrètement, le programme a pour objectif de donner aux élus des villes de moins de 20 000 habitants exerçant des fonctions de centralités, et leurs intercommunalités, les moyens de concrétiser leurs projets de territoire. Ce programme s’articule en trois piliers. D’une part, le soutien en ingénierie pour donner aux collectivités les moyens de définir et mettre en œuvre leur projet de territoire, en particulier par le renforcement des équipes et l’apport d’expertises. D’autre part, l’accès à un réseau, grâce au Club Petites Villes de demain, pour favoriser l’innovation, l’échange d’expériences et le partage de bonnes pratiques entre acteurs du programme. Enfin, des financements sur des mesures thématiques ciblées mobilisées en fonction du projet de territoire et des actions à mettre en place. Sur le terrain, ce programme est piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) et mobilise plus de 30 partenaires aux côtés des ministères, en particulier la Banque des territoires, l’ANAH, le CEREMA, l’ADEME et l’Association des petites villes de France. Dans le Var, il existe un déséquilibre entre le littoral et le reste du département. C’est pourquoi la Banque des Territoires, par exemple, va mettre des moyens pour redynamiser les centres-bourgs et que l’État interviendra par le biais de la Dotation des Équipements aux Territoires Ruraux pour financer des projets structurants. Au niveau national, c’est une somme de 1 milliard d’€ qui est réservée dans le Plan de relance. Localement, ce sont les préfets des départements et de région qui sont à la manœuvre. Indépendamment du Plan de relance, il y aussi un volet consacré aux Petites Villes de demain, soit 3 milliards d’€ au niveau national. Avec ce dispositif, nous sommes sur du long terme, sur une période de 6 ans. Notre action est impérative sinon, c’est condamner la ruralité au déclin.

En tant que secrétaire d’État à la ruralité, êtes-vous également le ministre des traditions rurales.

En quelque sorte, je suis le ministre des traditions rurales ! C’est pourquoi, je me suis rendu au marché aux truffes d’Aups. J’ai défendu le projet de loi concernant la défense du patrimoine sensoriel des campagnes françaises, pour les protéger des excès. Si Petites Villes de Demain peut aider la ville d’Aups dans la progression de son marché, ce sera un excellent résultat. Mais, je suis aussi le VRP du Gouvernement pour faire connaître les mesures prises dans le cadre du Plan de relance à la campagne, pour vérifier que ces mesures sont appliquées et pour défendre les mesures de l’Agenda Rural que je mets en œuvre. Et, si les choses ne se passent pas bien, mon rôle est de recadrer les préfets ou de faire sauter les points de blocage. C’est ce que j’appelle la politique du dernier kilomètre. Il ne faut pas que ces 181 mesures soient considérées comme des mesurettes. J’ai été maire pendant 27 ans, député pendant 18 ans, je sais parler aux élus locaux et je sais comment faire avancer les dossiers. J’ai évoqué notamment l’application de la Loi Montagne avec les élus. Plus récemment, nous faisions en sorte avec Cédric O de solutionner les problèmes de téléphonie, comme dans une vallée de la Drôme avec l’opérateur Orange.

Comment le plan France Relance peut-il participer à la relance des investissements publics, notamment pour les petites communes telle que La Roquebrussanne ?

Je ne pense pas que l’État doit être à l’origine de toutes les aides. Je crois plutôt à la phrase : « Aide-toi, le ciel t’aidera » ! Il est normal que l’État aide les collectivités mais chacun doit aussi prendre son destin en main.

Le président Macron a pris tardivement conscience de l’importance de la ruralité et de ses difficultés. Pensez-vous que le Gouvernement est mieux armé pour solutionner leurs difficultés et pour lutter contre le sentiment de désertification des services publics dans les campagnes ?

Aucun département ne se ressemble. Ce qui est valable dans les Bouches-du-Rhône ne l’est pas forcément dans le Var. Il faut territorialiser les dispositifs, en luttant contre les habitudes routinières des administrations et en étant aussi pédagogique vis à vis des préfets. C’est pourquoi, il nous arrive de modifier des circulaires d’application parce qu’on découvre qu’elles ne sont pas adaptées au contexte local ou en fonction de la ruralité du département.

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR Photo PRESSE AGENCE.