26/07/2026

Beaucoup de paroles, peu de résultats !

Le quinquennat d’Emmanuel Macron vivant ses derniers mois, le président, à l'issue de cinq ans d'exercice du pouvoir, s’efforce de vanter son bilan.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 31 janvier 2022 Lecture : 3 min
Beaucoup de paroles, peu de résultats !
Beaucoup de paroles, peu de résultats !© La Gazette du Var
Partager

Le 15 décembre dernier, il s'est exprimé longuement sur TF1 pour parler de l'avenir de la France. Une prise de parole de 2 heures pour une question simple : « Où va la France ? » Cette entrevue lui a servi à mettre en avant son bilan et exposer ses projets.

Il n'a pas annoncé sa candidature, mais a déclaré : « On ne transforme pas un pays en 5 ans. Mais, je projette le pays à 10 ans ». Une projection implicite qui annonçait, sans le dire, une candidature pour un deuxième mandat.

Personne n'a été dupe ! Cette publicité, à grand renfort de fonds publics, était le premier acte de sa campagne électorale, en vue de sa réélection.

Beaucoup de paroles, peu de résultats !

NOMBREUSES DÉFAILLANCES Certes, ce quinquennat se termine au cœur d'une incroyable crise sanitaire et économique. Mais cette double crise doit-elle excuser les nombreuses défaillances du mandat ? Certainement pas !

Sur le fond, Macron a mené quelques actions. Depuis 2017, la majorité présidentielle a fait adopter de nombreux projets de loi. Ainsi, la réforme du Code du Travail, qui pour l'opposition et les syndicats, n'a contribué qu'à le déconstruire !

La moralisation de la vie politique lui a valu la victoire face à François Fillon, évincé pour des emplois fictifs. La réforme de l'assurance chômage, en 2019, à restreint les règles d'indemnisation et a limité les contrats courts, deux mesures dénoncées par l'opposition et les syndicats. La réforme de la SNCF pour laquelle les textes prévoient l'ouverture à la concurrence des TGV, dès 2020.

Sans provoquer, surprenant, trop de remous du côté des syndicats de cheminots.

Il y a eu aussi la suppression de l'ISF, remplacé par l'impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), avec une « exit taxe », cadeau fiscal du président aux riches ! Et, la réforme des retraites, le gros chantier du quinquennat avec une réforme systémique par point, un régime unique venant remplacer les régimes spéciaux. Le gouvernement voulait sortir le 49-3, la pandémie Covid-19 a tout suspendu.

Mesure pourtant indispensable pour l'avenir du régime !

Avec la perte de croissance de 9%, liée à l'épidémie, un plan de relance de 100 milliards a été annoncé en 2020.

MACRON À PÉNALISÉ LES FAMILLES Seulement, Macron n'a pas compris les Français et leurs inquiétudes. Il a pénalisé les familles, avec la baisse de la prestation d'accueil du jeune enfant et de la prime de naissance, la désindexation des prestations familiales et refusé de rétablir l'universalité des allocations familiales et le plafonnement du quotient familial. Il a réduit les moyens d'existence des retraités.

Aujourd'hui, par sa faute, deux retraités sur trois ont été appauvris à cause de la hausse de la CSG, de la désindexation des pensions de retraites et de l'augmentation des services et des biens (eau, électricité, gaz, nourriture, etc.)

Il a délaissé l'aménagement du territoire et la ruralité. Sans oublier les mesures contre les automobilistes, les fermetures de classes dans les petites communes, la baisse des ressources des mairies par les décisions fiscales, etc. L'Outre-mer a été, également, délaissé.

Et sur le plan de la sécurité, on peut parler objectivement d'un réel et grave échec. Contrairement aux chiffres du ministre de l'Intérieur, la délinquance s'est envolée, à cause d'une justice trop laxiste. Les peines prononcées sont, soit ridicules par rapport à ce que prévoit le Code Pénal, soit mal ou peu exécutées.

Avec une absence de fermeté, la progression de l'islamisme politique radical se poursuit, des terroristes sont libérés, des djihadistes étrangers ne sont pas expulsés.

La France a atteint un record d'immigration, notamment à cause des pseudo-mineurs non accompagnés. Les demandes d'asile se multiplient alors que la France compte plusieurs millions de chômeurs. Le nombre d'expulsions suite à un refus du droit d'asile est dérisoire puisque 88% des obligations de quitter le territoire ne sont pas exécutées !

Étrangement, le président sortant est porté par des sondages dont chacun connaît la subjectivité et la partialité. Face à son ardent désir "d'emmerder les Français non vaccinés", Macron aura fort à faire pour défendre son bien maigre bilan.

Bernard BERTUCCO VAN DAMME.