26/07/2026

Saint-John Perse, un poète sur la presqu’île de Giens

L'écrivain est mis en lumière par deux artistes Sandrine Expilly et Miriam Hartmann.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 18 février 2025 Lecture : 5 min
Saint-John Perse, un poète sur la presqu’île de Giens
Saint-John Perse, un poète sur la presqu’île de Giens© La Gazette du Var
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Saint-John Perse, un poète sur la presqu’île de Giens

diplomate. Alexis Leger dit Saint-John Perse est né en 1887 à Pointe-à-Pitre et est mort à Hyères en 1975. Le pseudonyme, Saint-John Perse est associé à ses œuvres poétiques. Le nom, Alexis Leger, fait référence à l’homme diplomate de la 3ème République. Cet homme, tour à tour, secrétaire d’Ambassade, haut fonctionnaire au Quai d’Orsay, poète exilé aux États-Unis et Prix Nobel de littérature en 1960, a inspiré énormément d’artistes, notamment, Georges Braque, Lucien Clergue...Muriel Calvet, Directrice de la Fondation Saint-John mentionne que le poète a fait don de l’ensemble de ses collections à la Cité Aixoise, par l’intermédiaire d’un de ses amis, Pierre Guerre, avocat marseillais, amoureux de la poésie et de la littérature. La Fondation, créée en 1976, possède tout le fonds, le but est également de soutenir la poésie contemporaine ». Muriel Calvet a réuni Sandrine Expilly et Miriam Hartmann, deux artistes sur les traces de Saint-John Perse. « Ce sont des rencontres qui arrivent au même endroit mais qui ne partent pas du même lieu », précise la directrice. « L’exposition aux Salins des Pesquiers est une exposition documentaire sur le poète Saint-John Perse. Le poète a terminé sa vie à Giens, il a écrit ici les derniers textes de sa vie. Cette exposition a un sens de montrer qui était Saint-John Perse », confie Muriel Calvet. Il était sur la terrasse de sa maison des Vigneaux à Giens quand il a reçu le Prix Nobel de littérature, en 1960. La directrice de la Fondation souligne également : « Saint-John Perse a cessé d’écrire de la poésie quand il occupait les fonctions de diplomate ». Et c’est seulement lors de son exil, que le poète s’est remis à l’écriture.

Deux artistes, si différentes dans leur approche et leurs œuvres, sur les traces de Saint-John Perse, poète et diplomate. Alexis Leger dit Saint-John Perse est né en 1887 à Pointe-à-Pitre et est mort à Hyères en 1975. Le pseudonyme, Saint-John Perse est associé à ses œuvres poétiques.

Le nom, Alexis Leger, fait référence à l'homme diplomate de la 3ème République. Cet homme, tour à tour, secrétaire d'Ambassade, haut fonctionnaire au Quai d'Orsay, poète exilé aux États-Unis et Prix Nobel de littérature en 1960, a inspiré énormément d'artistes, notamment, Georges Braque, Lucien Clergue...

Rencontres autour de Saint-John Perse Muriel Calvet, Directrice de la Fondation Saint-John Perse à Aix-en-Provence, mentionne que le poète a fait don de l'ensemble de ses collections à la Cité Aixoise, par l'intermédiaire d'un de ses amis, Pierre Guerre, avocat marseillais, amoureux de la poésie et de la littérature. La Fondation, créée en 1976, possède tout le fonds, le but est également de soutenir la poésie contemporaine ». Muriel Calvet a réuni Sandrine Expilly et Miriam Hartmann, deux artistes sur les traces de Saint-John Perse.

« Ce sont des rencontres qui arrivent au même endroit mais qui ne partent pas du même lieu », précise la directrice. « L'exposition aux Salins des Pesquiers est une exposition documentaire sur le poète Saint-John Perse. Le poète a terminé sa vie à Giens, il a écrit ici les derniers textes de sa vie.

Cette exposition a un sens de montrer qui était Saint-John Perse », confie Muriel Calvet. Il était sur la terrasse de sa maison des Vigneaux à Giens quand il a reçu le Prix Nobel de littérature, en 1960. La directrice de la Fondation souligne également : « Saint-John Perse a cessé d'écrire de la poésie quand il occupait les fonctions de diplomate ».

Et c'est seulement lors de son exil, que le poète s'est remis à l'écriture.

Éloge à la terre Sandrine Expilly, Photographe, vagabondant dans les mêmes lieux que le poète, a réalisé une série de photographies appelée « Gaïa Ô terre ». Elle confie : « Saint-John Perse avait l'intention d'écrire un dernier recueil intitulé Gaïa, qui n'est jamais paru, c'était un éloge à la terre ». Le point de départ pour cette artiste est ce mystère autour du recueil.

La photographe reprend : « Je me suis inspirée des poèmes écrits, sous la lumière de la méditerranée, par Saint-John Perse sur la presqu'île de Giens, et également d'autres plus anciens ». Sandrine Expilly a tourné autour de sa dernière demeure La maison des Vigneaux sur la presqu'île de Giens, lieu de séjour, dès 1957 de Saint-John Perse, généreux don de Mrs Henry Tomlinson Curtiss, amie américaine du poète.

Sandrine Expilly, au travers de ses photographies, précise : « Je suis partie sur quelque chose de sensoriel, sur la limite entre la terre et la mer en essayant de lier le côté documentaire et une partie plus onirique, davantage dans la fiction. Les images sont retravaillées à la mine de plomb et au fusain ». L'artiste-photographe est intimement convaincue que les poèmes de Saint-John Perse ne sont pas que des mots.

Le poète est habité par le paysage qui l'entoure. Elle ajoute : « Il existe un lien très intime entre lui, les mots, l'air, les éléments ». Elle a choisi de montrer l'horizon maritime car c'est la vue qu'avait Saint-John Perse de sa maison.

Cet amour pour la nature Saint-John Perse aimait les plantes, les pierres, les animaux, la mer.

Tous les matins sur la terrasse de sa maison des Vigneaux, il hissait un drapeau français et un drapeau en calligraphie chinoise en idéogrammes à son nom « Leger », écrit de façon approximative. Il avait cette posture caractéristique avec sa main dans la poche, le regard tourné vers la mer, jumelles dans l'autre main. « Il se baignait également tous les matins », confie Muriel Calvet.

La peinture et le recueil « Amers » L'approche de Miriam Hartmann, artiste-peintre, se fait par la peinture et l'écriture. Les peintures de cette artiste allemande font résonance à un seul recueil « Amers » 1957. L'œuvre de Saint-John Perse comporte quatre cycles : Antilles, Asie, Amérique, Provence. « Amers » fait partie du cycle américain.

Miriam Hartmann ne connaissait pas au départ Saint-John Perse. Elle a été émerveillée au premier regard par les textes du poète. Une exposition et résidence à LM-Studio à Hyères en 2022 lui a permis d'exposer son travail sur le Projet Saint-John Perse.

Elle explique : « J'ai choisi de prendre un poème entier pour entrer dans l'œuvre du poète sans chercher à comprendre, c'était la clé, la fluidité. Saint-John Perse parle beaucoup avec des images, des couleurs. Lors de mes lectures, je dépose dans mon carnet d'esquisse ce qu'il y a dans ma tête, pour ensuite en faire une peinture à laquelle j'associe les citations du poète ».

Approcher le verbe Miriam Hartmann, à travers ses peintures, livre sa pensée : « Ce n'est pas pour donner une clé de lecture, et surtout pas une interprétation. J'ai choisi la peinture, non verbale pour approcher du verbe. L'expliquer serait la limiter.

Mais je voudrais partager quelques traces. Venez avec moi, si vous voulez. Mais ouvrez vos yeux à vous ».

Quelle magnifique résonance avec cet extrait du poème de Saint-John Perse « Et c'est un chant de mer comme il n'en fut jamais chanté, et c'est la Mer en nous qui le chantera ».

« Sécheresse » Le dernier poème « Sécheresse » de Saint-John Perse a été écrit en 1974, peu de temps avant sa mort.

Voici un extrait : « Les chiens descendent avec nous les pistes mensongères. Et Midi l'Aboyeur cherche ses morts dans les tranchées comblées d'insectes migrateurs. Mais nos routes sont ailleurs, nos heures démentielles, et, rongés de lucidité, ivres d'intempérie, voici, nous avançons un soir en terre de Dieu comme un peuple d'affamés qui a dévoré ses semences » (...)

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Laurette PARAY.