26/07/2026

“Renforcer la sécurité incendie au quotidien, au-delà des inspections annuelles traditionnelles”

À Hyères, une jeune commerçante, confrontée aux limites des contrôles traditionnels, livre un témoignage éclairant sur les failles de la sécurité incendie.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 9 février 2026 Lecture : 4 min
“Renforcer la sécurité incendie au quotidien, au-delà des inspections annuelles traditionnelles”
“Renforcer la sécurité incendie au quotidien, au-delà des inspections annuelles traditionnelles”© La Gazette du Var
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Sylvain Gruelles, expert en maîtrise d'œuvre, alerte sur les failles de sécurité incendie concernant 90 % des petits commerces qui ouvrent sans contrôle préalable en France. Cette réalité méconnue concerne pourtant la grande majorité des commerces de proximité. Restaurants, boulangeries, salons de coiffure ou cabinets libéraux, chaque jour, des milliers d'établissements accueillent du public sans avoir fait l'objet d'un contrôle de sécurité avant leur ouverture. Ainsi, ce constat d'une sécurité parfois défaillante, malgré la bonne volonté des exploitants, est corroboré par les acteurs de terrain. À Hyères, une jeune commerçante, confrontée aux limites des contrôles traditionnels, livre un témoignage éclairant sur les difficultés rencontrées et les solutions alternatives envisagées : « Depuis plusieurs années, en tant que commerçante, je fais systématiquement appel à des organismes de contrôle comme Bureau Veritas pour vérifier la conformité de mon établissement. Chaque année, ces inspections sont effectuées, et jusqu’à présent aucune observation ne m’a jamais été faite concernant l’absence d’un bloc BAES (Bloc d’Alimentation d’Éclairage de Sécurité) ou d’un boîtier d’alarme incendie rouge. Pourtant, ces éléments sont des parties essentielles du dispositif de sécurité incendie. En tant que professionnels, nous payons des organismes de contrôle et des certifications très coûteux, souvent avec des prestataires qui ont leur propre expertise, mais malheureusement cela ne garantit pas toujours une vigilance parfaite sur tous les points réglementaires”. La jeune femme ajoute : “Nous faisons aussi vérifier nos extincteurs régulièrement — une dépense importante — et malgré cela, il arrive que certaines entreprises, malgré leur professionnalisme, ne soient pas toujours très performantes ou exhaustives dans leurs contrôles. Cela laisse un sentiment de frustration, car nous cherchons à être aux normes et à assurer la sécurité de notre personnel et de nos clients, tout en respectant les obligations réglementaires”. Après s'être informée par ses propres moyens, elle a constaté que des solutions complémentaires et innovantes de sécurité incendie, qui ne remplacent pas les obligations légales, existent : “C'est une couche de protection supplémentaire efficace. Par exemple, des dispositifs modernes comme les boules extinctrices Block’Fire® — des extincteurs en forme de sphère compacte et légère — peuvent offrir une protection active et passive contre les départs d’incendie. Elles sont conçues pour s’activer automatiquement en cas de contact avec une flamme ou peuvent être utilisées manuellement en les lançant vers un feu naissant, et couvrent une surface d’environ 8 à 10 m2 selon les modèles. Elles sont légères (environ 1,3 kg), faciles à installer sans maintenance régulière, et sont garanties plusieurs années. Ces innovations montrent qu’il existe des moyens pour renforcer la sécurité incendie au quotidien, au-delà des inspections annuelles traditionnelles. En tant que commerçante engagée dans la prévention, je pense qu’il est essentiel que les professionnels s’informent et investissent intelligemment dans des solutions qui peuvent réellement faire la différence en cas d’urgence ».

FAILLES MAJEURES

“Renforcer la sécurité incendie au quotidien, au-delà des inspections annuelles traditionnelles”

C'est aussi le constat alarmant dressé par Sylvain Gruelles, fondateur de la société SAS Arcadie – Maîtrise d’Œuvre : “Contrairement aux idées reçues, près de 90 % des Établissements Recevant du Public (ERP) relèvent de la 5ème catégorie : “Ces structures, sauf si elles comportent des locaux à sommeil, ne sont soumises à aucune visite systématique de la commission de sécurité. Leur conformité repose uniquement sur une déclaration administrative”. Il ajoute : “Cette absence de vérification in situ a des conséquences directes. Sur le terrain, je vois des établissements ouverts avec des failles de sécurité majeures. Je rencontre des établissements ouverts au public alors que les cheminements d’évacuation sont mal conçus, la signalisation inexistante ou les matériaux inadaptés. Ce ne sont pas des cas isolés ». Les chiffres appuient cette alerte puisque près de 4 800 incendies surviennent chaque année en France dans ces ERP de petite taille. « La taille d’un établissement ne réduit ni la vitesse de propagation d’un feu, ni le risque de panique. La prévention ne devrait pas dépendre d’un seuil administratif. Le dossier d'Autorisation de Travaux – Sécurité ERP est souvent perçu comme une simple formalité par les exploitants. En cas de sinistre, l'absence de visite préalable n'exonère personne. La responsabilité incombe au premier chef à l'exploitant, légalement garant de la sécurité de ses clients, mais elle s'étend aussi aux maîtres d'œuvre et aux installateurs. « Dans la majorité des situations, les exploitants ne mesurent pas les risques réels, faute d’information et de contrôle en amont », analyse M. Gruelles. Pour pallier ces défaillances, il plaide pour une réforme des pratiques incluant une meilleure information dès la conception des projets et des contrôles ciblés lors des ouvertures. Quotidiennement, il accompagne des commerçants et des professions libérales pour intégrer la sécurité incendie non plus comme une contrainte administrative, mais comme un impératif de sécurité publique.

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Photos PRESSE AGENCE.