26/07/2026

Jean-Pierre Ghiribelli : « Le secteur de Sud Sainte Baume est fragilisé par la hausse des coûts »

Pour que Sud Sainte Baume change d’échelle, il faut lever les freins qui pèsent sur les professionnels. A près avoir présenté les atouts et les…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 20 avril 2026 Lecture : 3 min
Jean-Pierre Ghiribelli : « Le secteur de Sud Sainte Baume est fragilisé par la hausse des coûts »
Jean-Pierre Ghiribelli : « Le secteur de Sud Sainte Baume est fragilisé par la hausse des coûts »© La Gazette du Var
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Les professionnels du tourisme évoquent une pression économique croissante. Quels sont les principaux facteurs qui les fragilisent ?

Jean-Pierre Ghiribelli : « Le secteur de Sud Sainte Baume est fragilisé par la hausse des coûts »

Le premier sujet, c’est la hausse générale des coûts. Les matières premières, l’énergie, les charges d’exploitation, tout augmente. Beaucoup d’établissements ne peuvent pas répercuter ces hausses sur leurs prix, au risque de perdre une clientèle déjà très attentive à son budget. À cela s’ajoutent les PGE, les prêts garantis par l’État, contractés pendant la crise sanitaire. Leur remboursement pèse encore lourd pour de nombreux établissements et limite leur capacité d’investissement.

Cette situation affecte-t-elle la qualité de service ?

Forcément. Quand les marges se réduisent, il devient difficile d’embaucher, de former, de moderniser les équipements ou de proposer des prestations nouvelles. Certains professionnels font des miracles pour maintenir la qualité, mais ils sont à la limite de ce qu’ils peuvent absorber.

Les assurances et les taxes sont également pointées du doigt ?

Absolument. Les assurances ont augmenté dans tous les domaines, et les taxes, notamment la taxe de séjour, sont devenues un sujet sensible. Les hôtels classés doivent la collecter et la reverser, ce qui crée parfois de l’incompréhension chez les clients. Tout cela contribue à une pression supplémentaire.

Sans logement, pas de personnel. Et sans personnel, pas de saison.

Les évolutions législatives récentes compliquent-elles la situation ?

La fiscalisation des pourboires change les équilibres pour les salariés comme pour les employeurs. Les professionnels doivent intégrer ces nouvelles règles, tout en gérant déjà une complexité administrative importante. Cela demande du temps, des compétences et une adaptation permanente.

La pénurie de main-d’œuvre reste un problème majeur. Comment se manifeste-t-elle à Sud Sainte Baume ?

Elle est très forte. Nous manquons de personnel qualifié, notamment en cuisine. Certains établissements doivent surpayer des postes peu qualifiés pour tenir la saison. D’autres peinent à fidéliser leurs équipes. C’est un problème national, mais il est particulièrement aigu dans les zones touristiques.

Le logement des saisonniers est également un frein important ?

C’est un sujet central. Le coût du logement dans le Var rend difficile l’accueil des saisonniers. Certains maires fournissent des efforts, mais les solutions restent insuffisantes.

Les professionnels dénoncent régulièrement la complexité des démarches administratives. Concrètement, où se situent les blocages ?

Les procédures sont souvent longues, opaques, et les décisions arrivent parfois trop tard pour permettre aux établissements d’anticiper. Qu’il s’agisse d’autorisations de terrasse, de concessions de plage, de demandes d’aides énergie ou de dossiers régionaux, les professionnels ont besoin de règles lisibles et de réponses rapides. Aujourd’hui, la lourdeur administrative ralentit les projets, complique la gestion quotidienne et freine réellement l’activité.

La concurrence déloyale est un sujet que vous évoquez souvent. Pourquoi ?

Parce qu’elle est devenue insupportable. Les établissements qui travaillent avec des licences officielles, qui déclarent tout, qui respectent les normes et les obligations, se retrouvent face à des acteurs qui ne déclarent pas, ne paient pas les mêmes charges, ne respectent pas les mêmes règles. C’est profondément injuste. Ceux qui fraudent cassent les prix et fragilisent les professionnels en règle. Nous demandons un contrôle renforcé et une équité réelle.

Le numérique est-il un autre point de fragilité ?

Beaucoup d’établissements manquent de visibilité en ligne ou ne maîtrisent pas les outils numériques. Face aux plateformes internationales, ils sont désavantagés. Nous devons les accompagner sur le marketing digital, la gestion des avis, la réservation en ligne. C’est devenu indispensable.

Comment l’UMIH Var compte-t-elle accompagner les professionnels face à ces défis ?

En jouant notre rôle de fédérateur. Nous réunissons les élus, les administrations, les forces de l’ordre, les experts, les banques, les organismes de formation. L’objectif est de construire des solutions concrètes : simplification administrative, soutien au logement des saisonniers, accompagnement numérique, négociations collectives pour les assurances, actions de contrôle renforcées contre la fraude. Nous devons avancer ensemble.

Vous restez optimiste malgré ces difficultés ?

Parce que le territoire a un potentiel immense et que les professionnels sont engagés. Les investissements en cours, comme ceux de l’île de Bendor, montrent que Sud Sainte Baume attire et inspire confiance. Si nous levons les freins, nous pouvons réellement changer d’échelle.

d’échelle. • Propos recueillis par Pierre BEGLIOMINI.