La Région Sud se positionne comme un pilier de la souveraineté nationale
Le 23 avril à Toulon, la 3ème édition de Toulon Défense Event, événement majeur dans le domaine du recrutement dans le secteur de la Défense et de la Sécurité…

C
nationale, visait à souligner l’engagement du réindustrialisation du territoire et répondre aux besoins croissants des entreprises de la défense en matière de recrutement et de compétences. Le programme dense de la journée a illustré la volonté de connecter les acteurs économiques, universitaires et institutionnels autour de cet effort national.

LE VAR EN PREMIÈRE LIGNE

Ainsi, face aux tensions mondiales, la Région Sud mobilise 500 M€ pour renforcer son écosystème de défense et répondre au défi des compétences. Dans un contexte géopolitique marqué par le déplacement ministériel, entièrement consacré aux enjeux de l'emploi dans les secteurs stratégiques de la souveraineté gouvernement pour une instabilité croissante, la Région Sud, par la voix de François de Canson, vice-président en charge de l’attractivité, a affirmé son rôle de premier plan dans la stratégie de défense accompagner la nationale : « Depuis Toulon, premier port militaire d’Europe, la réalité des tensions mondiales n’est pas un concept abstrait mais une réalité quotidienne et palpable. Illustration concrète de cette mobilisation permanente : les célébrations des 400 ans de la Marine nationale, initialement prévues le 8 mai prochain, ont dû être adaptées, une grande partie des navires étant actuellement engagée en mission pour protéger les intérêts français ». Le vice-président a ajouté : « La région ne se contente pas d’observer, elle est un point d’appui essentiel pour la capacité d’action de la France. Le territoire concentre une force militaire et sécuritaire considérable avec près de 50 000 militaires des trois armées. Outre la base navale de Toulon, la plus grande d’Europe, la région abrite le camp de Canjuers, plus vaste camp d’entraînement d’Europe occidentale, et la base aérienne d’Istres, pivot stratégique des forces françaises. S’y ajoutent trois centres de la Direction Générale de l’Armement (DGA), des bases aériennes, des unités d’élite comme les chasseurs alpins et les légionnaires, ainsi que des hôpitaux et un lycée militaire ». Comme l’a encore assuré François de Canson : « Au-delà de la puissance opérationnelle, la Région Sud s’appuie sur un tissu économique dense et spécialisé. Plus de 2 100 entreprises sont liées au secteur de la défense, dont près de 400 constituent le cœur de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) locale. Ce secteur représente près de 30 000 emplois directs dans des filières critiques pour l’autonomie stratégique du pays. C’est ce maillage unique qui permet à la région de se définir comme un « territoire de souveraineté », où la défense n’est pas seulement une affaire d’État mais une réalité économique et sociale concrète ».

STRATÉGIE STRUCTURANTE
Consciente de cet enjeu, la Région a engagé dès 2017 une politique volontariste pour préparer le territoire à un monde plus exigeant. L’instrument principal de cette ambition est l’Opération d’Intérêt Régional (OIR) Défense et Sécurité. Dotée d’un budget de 500 millions d’euros, cette OIR vise à structurer l’écosystème en favorisant la collaboration entre les armées, les industriels, les chercheurs et les centres de formation. Plus de 50 projets ont déjà été lancés pour financer, simplifier et accélérer les initiatives au service de la défense. Cependant, le défi le plus critique aujourd’hui est celui des ressources humaines a insisté François de Canson : « Une armée, une industrie, une stratégie ne tiennent jamais seules. Elles tiennent par les femmes et les hommes qui les incarnent. Des milliers de postes sont actuellement à pourvoir dans les industries de défense, notamment dans les métiers techniques, industriels et numériques, souvent en tension ». Pour répondre à cette « bataille décisive des compétences », la Région a fait de la formation une priorité absolue, en y consacrant 70 millions d’euros. « L’objectif est de financer des parcours adaptés, de soutenir les écoles de la deuxième chance et les écoles de production, et de développer des formations innovantes. La méthode est de partir des besoins réels des entreprises pour construire des compétences solides et aboutir à un emploi durable », a détaillé le vice-président de la Région. Cette politique s’attaque également à une fracture sociale : d’un côté, des jeunes sans emploi ni formation, confrontés à des difficultés de logement ou de mobilité ; de l’autre, des entreprises qui peinent à recruter. L’événement organisé à Toulon se veut une passerelle concrète entre ces deux mondes, un lieu où « des vocations peuvent naître » et « des trajectoires peuvent changer ». En conclusion, l'élu a souligné : « La souveraineté ne se décrète pas. Elle se construit d’abord avec des femmes et des hommes ». •
Photos Philippe OLIVIER.