L'équilibre en couleurs d'Alexander Calder
Le musée La Banque expose 69 œuvres d'Alexander Calder, artiste qui a fait de l'équilibre un langage poétique, jusqu'au 31 octobre.

Jusqu'au 31 octobre, le musée La Banque accueille « Calder - Équilibre en couleurs », une exposition réalisée en partenariat avec la Fondation Marguerite et Aimé Maeght.
À travers 69 œuvres - gouaches, lithographies, bronzes, encres et mobiles - le parcours retrace l'itinéraire d'un artiste qui a fait du mouvement une matière sculpturale et de l'équilibre un langage poétique.
Un sculpteur de l'air
Né en 1898 en Pennsylvanie dans une famille d'artistes, Alexander Calder entame des études d'ingénieur mécanique au Stevens Institute of Technology, avant de se tourner vers l'art. Cette double formation, technique et sensible, irrigue toute son œuvre : la précision du geste et le goût des matériaux industriels se retrouvent dans chacune de ses créations.
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Illustrateur pour la presse new-yorkaise dans les années 1920, il s'installe à Paris en 1926 et découvre l'effervescence de l'avant-garde. C'est là qu'il conçoit son Cirque Calder, un ensemble miniature de plus de 200 éléments en fil de fer, bois, cuir et tissu, qu'il anime lui-même lors de représentations données dans les ateliers parisiens puis à Berlin et New York.
Sa rencontre avec Piet Mondrian en 1930 constitue un tournant. Calder se tourne vers l'abstraction et les couleurs primaires, posant les bases de ce qui deviendra sa signature - les sculptures en équilibre.
Mobiles et stabiles
L'exposition met en lumière l'invention pour laquelle Alexander Calder reste universellement connu : le mobile. Le terme est forgé en 1932 par Marcel Duchamp pour désigner ces sculptures suspendues, faites de feuilles d’aluminium découpées et assemblées sur de longues tiges métalliques, qui se déplacent sous l’effet de l’air.
D’abord motorisées, elles s’affranchissent peu à peu de tout mécanisme pour ne plus dépendre que du vent – une manière, pour l’artiste, de faire de l’instabilité une élégance.
En miroir de ces œuvres aériennes, Alexander Calder développe à partir de 1937 des sculptures fixes en acier peint : les « stabiles », terme inventé par Jean Arp. Le jardin de la Fondation Maeght en conserve l'une des pièces maîtresses, Les Renforts, réalisée en 1953 en écho à la muraille médiévale de Saint-Paul-de-Vence.
Moins connue du grand public, la pratique graphique de Alexander Calder occupe une place essentielle dans son travail. Grand amateur de gouache - peinture rapide et vive qu'il pratiquait dans son atelier de Saché, en Touraine, qu'il avait surnommé avec humour la « gouacherie » -, l'artiste ne travaillait jamais directement la pierre lithographique.
Ses gouaches servaient de matrice : reportées sur plaques par un chromiste, elles étaient ensuite tirées après validation de l'artiste. Entre 1950 et 1980, cette collaboration avec l'imprimerie ARTE-Adrien Maeght donne naissance à plus de deux cents lithographies et eaux-fortes.
Une amitié fondatrice
L'exposition retrace aussi une histoire d'amitié, celle qui unit Alexander Calder à Aimé et Marguerite Maeght à partir de 1947, lors de l'Exposition internationale du surréalisme à Paris. De cette rencontre naît une collaboration de près de trente ans, jusqu'à la mort de l'artiste en 1976, et une relation intime pour que Alexander Calder anime des représentations de son cirque afin de distraire Bernard, le jeune fils des Maeght alors malade.
En 1969, la Fondation Maeght consacre à l’artiste une rétrospective de plus de 300 œuvres, dont certaines n'avaient jamais été montrées au public, comme une boule noire, une boule blanche (1930). C'est cette relation privilégiée, et le fonds exceptionnel qu'elle a permis de constituer, que le Musée La Banque donne à voir à Hyères.




Article issu de l'édition papier de La Gazette du Var