Philippe Leonelli: «Нам понадобилось 60 лет, чтобы трезво взглянуть на раны...»
25 сентября Nation отдала дань уважения harkis и другим участникам вспомогательных формирований, сражавшимся на стороне армии France.

В 1954 году, в то время как Algériens вступают в front de libération national (FLN), чтобы бороться за независимость своей страны, другие делают выбор в пользу France и вступают в армию France. Последние, в большинстве своем гражданские лица, вооруженные France, имеют задачу обеспечивать безопасность стратегических пунктов, деревень или более обширных зон, а также участвовать в военных операциях на стороне армии France. Конец конфликта оборачивается для pieds noirs, как и для бывших бойцов вспомогательных формирований — тех, кого принято называть harkis, — разрывом, изгнанием или ужасом для тех, кто остался в стране, признанных предателями своей родины.
«МОЕ СЕРДЦЕ ВСЕ ЕЩЕ КРОВОТОЧИТ»

« Ce furent aussi des moments particulièrement douloureux pour toutes et celles et ceux qui durent fuir leur pays pour rejoindre la France, cette France qui ne sut pas les accueillir, encore moins les intégrer. Écoutons Djillali Sahlaoui, harki de première génération, ancien combattant et victime de guerre, qui s’interrogeait, sur son statut dans ce pays pour lequel il s’était battu et qui n’avait pas su les accueillir dignement, sa famille et lui. Son témoignage participe de notre mémoire collective. Il est une richesse pour nous tous », a lancé Philippe Leonelli. A 81 ans, Djillali n'a rien oublié : « Ma mémoire reste très vive et très douloureuse sur cette tragédie de la guerre d’Algérie et, je revis ces traumatismes toutes les nuits avec des sueurs froides quand j’arrive à dormir en prenant un, deux, trois somnifères. À 18 ans à peine, insouciant, beau et fort avec une rage de vivre, je suis enrôlé en tant que supplétif de l’armée française, engagé dans une Algérie en pleine tourmente et ébullition pour servir le drapeau tricolore dans le maquis durant 4 ans et demi et combattre le FLN (...). Je décide de fuir l’Algérie le pays qui m’a vu naître, le pays de mes parents, de mes ancêtres, mes racines, mon village, ma terre, ma ferme, mes arbres, mes oliviers, mes figues, mon puits, ma maison, mes chèvres, mon âne, une jeunesse, des odeurs, des souvenirs heureux. Je suis un harki, un traître de la nation, voilà comment je suis reconnu et considéré en France et en Algérie. Mon cœur saigne toujours avec une mémoire meurtrie, des traumatismes, une blessure physique qui me rappelle chaque jour cette cruelle tragédie. En débarquant sur le port de Marseille en 1962, j’embrasse cette terre qui m’accueille et qui me sauve moi et ma famille d’une mort atroce mais je ne pense pas alors que j’allais mener une autre guerre plus longue, plus silencieuse, plus psychologique, plus sournoise, traumatisante pour ma survie et celle de ma famille. Nous étions considérés comme des indigents, des sauvages, parqués comme des animaux, dans des camps de fortune avec des baraques sans fenêtre, sans sanitaires, sans eau courante. Nous y avons vécu en supportant la faim, la soif, le manque d’hygiène, l’isolement, la solitude, l’inquiétude de ne pas avoir de nouvelles de notre famille laissée en Algérie, le manque de repères, la violence au quotidien, les vols, les cris, les pleurs, l’angoisse, les insultes, sans entrevoir d’avenir. Sans repères, désorientés, sans aide, abandonnés, livrés à nous-mêmes dans ce pays inconnu, ne comprenant que le vocabulaire de guerre, sans connaître la langue, l’écriture, les us et coutumes nous vivions au jour le jour avec l’angoisse du lendemain (...).
ПРИМИРЕНИЕ

Во имя примирения, прощения, долга памяти, потерянной юности, принесенного в жертву поколения, вы больше не можете и не должны игнорировать нас, забывать нас, отвергать нас». «20 сентября 2021 года президент République выступил перед harkis и их семьями. Он просит прощения у harkis, признает нанесенный им ущерб, признает, что они были брошены France и что некоторые из них были приняты в недостойных условиях в метрополии начиная с 1962 года. Закон о признании со стороны Nation заслуг harkis и других репатриантов из Algérie также включает возмещение понесенного ущерба. Он был принят 23 февраля 2022 года. Понадобилось 60 лет. 60 лет для того, чтобы наша страна смогла трезво взглянуть на раны прошлого и построить в долгосрочной перспективе примирение памяти», — заключил Philippe Leonelli. •