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le 19 Octobre 2025

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François de Canson : « Dans le Sud, nous savons que le feu reviendra »

Le 1er octobre, Renaud Muselier, président de la Région, a présenté le bilan 2018-2025 du Plan régional « Guerre du Feu ».

Il était aux côtés de François de Canson, vice-président de la Région, en charge du développement économique, de l'attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs, et de nombreux partenaires : l'ONF, l'Entente Valabre, l'Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers, le SDIS, la Garde régionale forestière, les Comités communaux Feux de Forêts, ainsi que l'entreprise Hynaero.

En 7 ans, les hectares brûlés ont été divisés par cinq grâce à près de 40 millions d'€ investis, une présence accrue sur le terrain avec 250 gardes forestiers et 9 000 bénévoles, et de nouveaux outils comme le pélicandrome de Hyères ou le Fonds RESPIR pour la reconstruction.

CONSCIENCE

« Il y a des blessures qui marquent un territoire à jamais. L’été 2017 en fut une. Ces flammes déchaînées dans nos collines, ces nuits d’angoisse où le ciel s’embrase et où l’on croit perdre ce que l’on a de plus cher : nos maisons, nos forêts, nos vies. Ce n’est pas seulement un souvenir de cendres et de fumées : c’est un choc qui a réveillé une conscience.

C’est dans cette épreuve qu’est née une volonté nouvelle. Celle d’un président de Région qui a choisi de répondre à l’appel de ses communes, d’unir ses forces avec celles des maires, des départements, des pompiers, des bénévoles, de faire de ce combat un engagement collectif. C’est ainsi qu’est née la Guerre du Feu.

Non pas une formule, mais une politique. Non pas une réaction, mais une vision.

Je parle comme maire, comme président d’intercommunalité, comme homme du Var, ce département à la fois le plus boisé et le plus touristique de France.

Je parle comme élu du Massif des Maures, ce pays de tortues et de chartreuses, de châtaignes et de traditions, mais aussi de flammes trop souvent renaissantes.

Et c’est pour cela que je mesure combien nos forêts sont plus que des arbres : elles sont notre identité, notre paysage de vie, notre mémoire commune » (...).

REFERENCE NATIONALE

« Ce combat n’est pas une réaction, il est un engagement permanent. Ce plan régional, imaginé au lendemain des incendies de 2017, a été repris comme base de réflexion nationale après les feux des Landes. La Guerre du Feu, née en Provence-Alpes-Côte d’Azur, est une référence pour l’ensemble du pays.

9 incendies sur 10 sont d’origine humaine. Contre cela, il nous faut prévenir. Prévenir, c’est éduquer, sensibiliser, former.

C’est saluer nos bénévoles des CCFF, gardiens discrets et infatigables, souvent des anciens, qui transmettent leur savoir comme on transmet une mémoire.

C’est remercier nos jeunes gardes, qui sillonnent 22 territoires sensibles : leur courage est la preuve que l’avenir est là, engagé, debout.

C’est soutenir nos écoles, ENSOSP et Entente, les mettre à l’honneur, rappeler que leur présence est une grande richesse d’expertise.

La Région votera en octobre 90 000€ pour un laboratoire d’intelligence artificielle dédié à la sécurité civile et, ainsi, placer la technologie au service de la protection ».

Prévenir, c’est aussi accompagner les maires. En effet, la loi leur impose les obligations légales de débroussaillement. 80 communes sont déjà accompagnées par la Région qui finance les travaux indispensables sur les pistes DFCI. 1 046 dossiers ont été financés pour 11,7 millions d’€, issus de fonds Région, complétés par 7,1 millions de FEADER.

Parce que la Guerre du Feu ne s’arrête pas aux frontières régionales. Elle est aussi un combat européen. Face au dérèglement climatique, aucune région, aucun État ne peut agir seul. Depuis 10 ans, Renaud Muselier mène un lobbying acharné auprès de l'Europe pour une politique RescUE à la hauteur, pour le statut des volontaires, pour relancer la chaîne de production de Canadairs pour la complémentarité de moyens, etc. Depuis, la Provence-Alpes-Côte d’Azur est un laboratoire européen de la lutte contre les incendies.

PROTEGER LE PATRIMOINE

En tant que président du Comité Régional de Tourisme, François de Canson a rappelé la politique régionale : « Nous avons préféré une politique d’intelligence et de complémentarité.

Écouter, accompagner, arbitrer. Créer des Parcs naturels régionaux qui protègent en faisant vivre, qui anticipent au lieu d’interdire.

C’est le cas du projet de 10ème Parc Maures Esterel Tanneron (...).

C’est cela, la philosophie que nous portons : concilier, et non opposer. Car la Guerre du Feu, c’est protéger le premier patrimoine économique de notre région : nos paysages. Quand ils brûlent, c’est notre identité qui souffre, et c’est un peu notre économie qui vacille.

Prévenir et lutter, c’est donc aussi défendre notre attractivité, notre image, notre vitalité. C’est faire en sorte que la Méditerranée reste ce qu’elle est : une terre où l’on vient pour sa beauté, et où l’on revient pour sa force. Nous sommes enfants de la Méditerranée » (…).

« Voilà ce qu’est la Guerre du Feu : des bénévoles qui veillent la nuit et des jeunes qui patrouillent le jour, des élus locaux qui entretiennent les pistes et une Europe qui s’engage dans la protection civile, des simulateurs, des écoles et des pélicandromes régionaux, des fonds de reforestation et des aires d’autoroute pédagogiques.

C’est une politique qui embrasse tout, qui ne laisse rien au hasard, qui refuse l’oubli.

Car dans le Sud, nous savons que le feu reviendra.

Mais nous avons décidé qu’il ne trouverait pas un territoire sans défense.

La Guerre du Feu, c’est notre façon de dire à nos habitants, à nos enfants, à nos paysages : Nous serons toujours là », a conclu François de Canson.

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Photos Philippe COURTOIS.