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Jean-Jacques Castillon : « Toutes les entreprises ont repris l’activité mais pas encore à un…

À la mi-juin, la plupart des entreprises de BTP dans le Var ont repris leur activité et tous les effectifs sont mobilisés, à l’exception des personnels à…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 24 juin 2020 Lecture : 5 min
Jean-Jacques Castillon : « Toutes les entreprises ont repris l’activité mais pas encore à un niveau normal »
Jean-Jacques Castillon : « Toutes les entreprises ont repris l’activité mais pas encore à un niveau normal »© La Gazette du Var
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Toutefois, on note un redémarrage un peu plus difficile sur certains chantiers de bâtiment qui présentent des obstacles à la reprise d’activité. Ainsi, les travaux en site occupés ou les chantiers où l’activité de différents corps d’état ne peut pas être remplacée par un nouveau phasage des travaux.

REPRISE EN MODE DEGRADE

Jean-Jacques Castillon : « Toutes les entreprises ont repris l’activité mais pas encore à un niveau normal »
Globalement, l’activité se fait encore en mode dégradé puisque seulement 60% des chantiers affichent un niveau d’activité normal. En clair, cela signifie que l’activité des entreprises n’a pas retrouvé son rythme normal et qu’elles ne peuvent pas facturer à la hauteur de la mobilisation des effectifs. Ce phénomène, ajouté à celui des surcoûts liés aux mesures sanitaires préconisées pour lutter contre le virus, fragilise les finances des entreprises dont certaines se retrouvent dans la situation paradoxale de devoir payer pour travailler

», prévient Jean-Jacques Castillon, président de la Fédération du BTP du Var ! Dans cette dynamique de relance de l’activité, citons quelques exemples de freins à la reprise de certains chantiers, selon une enquête de la cellule économique régionale de la construction, menée fin mai 2020. On en dénombre un certain nombre : « Dans 41% des cas, les conditions techniques de reprise restent non finalisées par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre. Le nouveau plan général de coordination, le nouveau phasage et le nouveau planning des travaux restent à établir. Dans 19% des cas, des problèmes d’approvisionnement en matériaux et matériels persistent et pour 11% des cas, l’organisation du chantier est impossible à adapter. Exceptés ces exemples, les signes de reprise sont nets, même si les situations de travail, auxquelles les entreprises sont confrontées, sont difficiles à gérer. Elles goûtent leur plaisir après des semaines de disette »,

confie le président de la Fédération. Malgré tout, l’absence de marchés publics et l’arrêt de l’instruction des permis de construire, durant la période de confinement, risquent de créer un nouvel arrêt d’activité qui pourrait être fatal aux entreprises et aux emplois d’ici la fin de l’année !

REPORT D’ACTIVITES

La reprise significative avec la perspective d’une reprise quasi totale en juin, même avec une productivité dégradée, reste une bonne nouvelle.

Mais pour autant, sachons regarder les choses en face, et observons les un peu au-delà du carnet de commandes qui affiche à nouveau quelques semaines d’activité. Ne nous leurrons pas. Les travaux que nous faisons actuellement sont ceux que la crise sanitaire a reporté. Au-delà de cette embellie, au-delà de l’été, de quelle activité allons-nous nourrir nos entreprises ? Est-ce que ce sera avec une commande publique qui a chuté de 40% en un an ? Est-ce que ce sera avec les permis de construire qui n’ont pas été instruits durant le confinement par les services administratifs des collectivités ? Désopilante perspective. Mais à qui pouvions nous parler dans cet entre-deux tour électoral, ni fait, ni à faire ? Dans ce contexte, notre lettre ouverte aux élus varois du mois dernier est devenue lettre morte

», analyse, avec regret, Jean-Jacques Castillon !

DU CARBURANT DANS LA MACHINE

ECONOMIQUE

L’installation des 111 maires élus au 1er tour dans le Var est un premier pas, pour en finir avec le caractère provisoire des exécutifs locaux. Le second tour des élections municipales prévu le 28 juin permettra de compléter la carte des 153 communes et bientôt les compétences locales et communautaires retrouveront des visages.

Il sera alors grand temps, et pour tout dire urgent, de répondre à nos demandes. Quand relancez-vous les travaux ? Malgré les bonnes paroles et les promesses de nouveaux marchés, les entreprises ne voient rien venir et n’ont plus de dossiers à étudier. Que faites-vous pour rattraper le temps perdu d’instruction des permis de construire ? Il ne suffit pas de reprendre l’instruction des permis, il faut se donner les moyens de rattraper le retard pris pendant le confinement. Personne ne semble prendre la mesure du problème. Pourtant des solutions existent. La loi ELAN permet de recourir à des prestataires privés sous contrôle du maire. Il est désormais du devoir des élus locaux et des collectivités de mettre très rapidement du carburant dans la machine économique que nous avons redémarrée. Nous y serons vigilants. La crise sanitaire ne peut pas avoir tout gâché

», réclame, avec insistance, Jean-Jacques Castillon !

Dernier point qui inquiète la filière du bâtiment, le troisième projet de loi de finances rectificatives dans lequel le BTP est absent. Pour les professionnels, les annonces du Gouvernement sont jugées insuffisantes. En effet, les annonces de la prise en charge des surcoûts sur les marchés de l’État ne concernent que 2% de l’activité du BTP. Trop peu !

Les exonérations de charges annoncées n’auront qu’un effet limité puisqu’il faut justifier d’une baisse d’activité de 50% sur la période du 1er février au 31 mai 2020. Or, dans la mesure où le Gouvernement a exigé des artisans et des entreprises du BTP de reprendre l’activité au lendemain du confinement, peu seront éligibles à cette mesure. Et pourtant, nos entreprises sont en train de perdre de l’argent pour travailler

», constate le président du BTP varois.

UN VRAI PLAN DE RELANCE

Enfin, aux yeux de la filière, il faut un vrai plan de relance du BTP. Au plan national, la Fédération Française du Bâtiment et la Fédération Nationale des Travaux Publics ont fait des propositions et interpellé le président de la République. La profession demande la prise en charge des surcoûts et l’annulation des charges fiscales et sociales sans conditions, la mise en place d’une véritable politique de relance des investissements pour les infrastructures et réseaux via les collectivités (le dispositif du FCTVA pourra être utilisé). Elle réclame un plan massif de rénovation énergétique des bâtiments et le retour à une TVA réduite à 5,5% pour l’ensemble des travaux.

Pour le moment, le compte n’y est pas ! Sans le lancement de nombreux travaux très rapidement, le secteur du BTP va souffrir à partir de l’automne prochain et les liquidations d’entreprises et les pertes d’emplois risquent de se multiplier

», conclut Jean-Jacques Castillon. •

« Globalement, l’activité se fait encore en mode dégradé puisque seulement 60% des chantiers affichent un niveau d’activité normal. En clair, cela signifie que l’activité des entreprises n’a pas retrouvé son rythme normal et qu’elles ne peuvent pas facturer à la hauteur de la mobilisation des effectifs. Ce phénomène, ajouté à celui des surcoûts liés aux mesures sanitaires préconisées pour lutter contre le virus, fragilise les finances des entreprises dont certaines se retrouvent dans la situation paradoxale de devoir des cas, les conditions techniques de reprise restent non finalisées par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre. Le nouveau plan général de coordination, le nouveau phasage et le nouveau planning des travaux restent à établir. Dans 19% des cas, des problèmes d’approvisionnement en matériaux et matériels persistent et pour 11% des cas, l’organisation du chantier est impossible à adapter. Exceptés ces exemples, les signes de reprise sont nets, même si les situations de travail, auxquelles les entreprises sont confrontées, sont difficiles à gérer. Elles goûtent leur plaisir après des semaines de disette », « Mais pour autant, sachons regarder les choses en face, et observons les un peu au-delà du carnet de commandes qui affiche à nouveau quelques semaines d’activité. Ne nous leurrons pas. Les travaux que nous faisons actuellement sont ceux que la crise sanitaire a reporté. Au-delà de cette embellie, au-delà de l’été, de quelle activité allons-nous nourrir nos entreprises ? Est-ce que ce sera avec une commande publique qui a chuté de 40% en un an ? Est-ce que ce sera avec les permis de construire qui n’ont pas été instruits durant le confinement par les services administratifs des collectivités ? Désopilante perspective. Mais à qui pouvions nous parler dans cet entre-deux tour électoral, ni fait, ni à faire ? Dans ce contexte, notre lettre ouverte aux élus varois du mois dernier est « Il sera alors grand temps, et pour tout dire urgent, de répondre à nos demandes. Quand relancez-vous les travaux ? Malgré les bonnes paroles et les promesses de nouveaux marchés, les entreprises ne voient rien venir et n’ont plus de dossiers à étudier. Que faites-vous pour rattraper le temps perdu d’instruction des permis de construire ? Il ne suffit pas de reprendre l’instruction des permis, il faut se donner les moyens de rattraper le retard pris pendant le confinement. Personne ne semble prendre la mesure du problème. Pourtant des solutions existent. La loi ELAN permet de recourir à des prestataires privés sous contrôle du maire. Il est désormais du devoir des élus locaux et des collectivités de mettre très rapidement du carburant dans la machine économique que nous avons redémarrée. Nous y serons vigilants. La crise sanitaire ne peut pas avoir tout « Les exonérations de charges annoncées n’auront qu’un effet limité puisqu’il faut justifier d’une baisse d’activité de 50% sur la période du 1er février au 31 mai 2020. Or, dans la mesure où le Gouvernement a exigé des artisans et des entreprises du BTP de reprendre l’activité au lendemain du confinement, peu seront éligibles à cette mesure. Et pourtant, nos entreprises sont en train de perdre de l’argent pour travailler », « Pour le moment, le compte n’y est pas ! Sans le lancement de nombreux travaux très rapidement, le secteur du BTP va souffrir à partir de l’automne prochain et les liquidations d’entreprises et les pertes d’emplois risquent de Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR