L’aéroport de Toulon-Hyères au régime sec
Début février, la compagnie aérienne nationale Air France a annoncé son retrait de l’aéroport international Toulon-Hyères.
Depuis le 1er mars, elle est remplacée par sa filiale à bas-coûts, Transavia, qui réduit le nombre de rotations quotidiennes avec Paris à 3. Une annonce qui a provoqué la colère des élus locaux. Depuis plusieurs mois, Air France navigue dans un ciel turbulent, accusant une perte de 10 millions d’€ par jour selon son patron Ben Smith. Aussi, le fleuron français de l’aérien doit se restructurer à marche forcée. Ces chantiers de réduction des coûts, contreparties des aides de l’État, vont du départ d’un quart des effectifs d’ici à 2022 à la refonte du réseau domestique. Cet essoufflement général du modèle «tout-avion» pour le marché intérieur ressurgit comme la pierre angulaire de la mue du secteur aérien.
RESTRUCTURATION D’AIR FRANCE
Dans le Var, Toulon-Hyères est victime des coups de rabot sur le marché intérieur (Lorient, Quimper, Brest et Hyères). Ces prochaines semaines, ces destinations vont voir disparaître la ligne Air France vers Paris. Depuis des années, la gestion de la ligne avec Paris-Orly est ballottée entre Air France et la filiale régionale HOP !. Désormais, le littoral varois est déserté par la compagnie nationale. Une nouvelle qui tombe mal pour l’aéroport mixte car le groupe Vinci, concessionnaire, et la Défense, ont investi près de 30 millions d’€ pour la réfection des pistes. Certes, sur les réseaux sociaux, le groupe Vinci se réjouit de l’arrivée de trois nouvelles lignes au départ de Toulon, opérées par Transavia. Dont la fameuse Toulon-Paris, qui bénéficie jusqu’ici de 5 à 6 rotations quotidiennes avec la compagnie historique. En outre, l’arrivée Transavia est une bonne nouvelle, avec un aller-retour à partir de 39€.
COLERE DES ELUS LOCAUX
Mais derrière cet enthousiasme, se cache la disparition de la ligne Air France. Évidemment, les élus locaux, au premier rang desquels Hubert Falco, le président de la Métropole, sont ventdebout contre l’arrêt de cette rotation stratégique pour l’économie touristique du département. Dans un courrier adressé à la compagnie, ils regrettent que «le premier département touristique après Paris [...] ne dispose plus de liaison directe vers un hub international», parlant de «rotation stratégique», et rappelant que «seuls les avions Air France constituent une marque de considération d’un territoire». En effet, avec l’arrivée de Transavia, les rotations quotidiennes avec Paris-Orly passent de 5-6 à 3. Déjà depuis plusieurs semaines, Air France a réduit la voilure, en ne proposant plus que 3 vols par jour vers Paris.
Julien AZOULAI