26/07/2026

L’accès aux soins des personnes les plus démunies à l’épreuve de la Covid-19

Universitaires, professionnels de santé et acteurs associatifs étaient réunis, les 18 et 19 mars, pour dresser un état des lieux, informer le public des…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 14 avril 2021 Lecture : 3 min
L’accès aux soins des personnes les plus démunies à l’épreuve de la Covid-19
L’accès aux soins des personnes les plus démunies à l’épreuve de la Covid-19© La Gazette du Var
Partager

M

difficultés d’accès aux soins pour les personnes en situation de précarité. En 2017, encore près de 3 millions de Français ne faisaient pas valoir leurs droits.

L’accès aux soins des personnes les plus démunies à l’épreuve de la Covid-19

PROBLEMATIQUES MULTIPLES

Leurs économiques, culturelles et sociales. Aux refus, dénis et renoncements des soins s’ajoutent le manque d’informations ou l’impossibilité de remplir un dossier pour des raisons d’illettrisme, d’analphabétisme ou d’illectronisme, près de 25% de la population souffre d’inhabilité numérique ! Les plus démunis cumulant parfois des difficultés qui se sont renforcées durant la pandémie. Ce colloque en visioconférence de l’Université de Toulon s’articulait autour de 4 séances de Questions/ Réponses, universitaires, cadres de santé, spécialistes du droit et associations de terrain ont abordé les obstacles et nouveaux défis, la prévention, l’aide et l’accompagnement et l’universalité de l’accès aux soins. Ces réflexions feront l’objet d’une publication. Organisé par le Master 2 Droit et malgré l’arsenal juridique mis en place depuis 30 ans, le système de protection sociale français ne parvient pas à résoudre les problématiques animées par des médecins, Gestion du Secteur Sanitaire et Social et le Centre d’Études et Recherches sur les Contentieux (CERC), le colloque traitait de justice sociale, d’inégalité et de discrimination, de l’action du défenseur des droits, etc.

ENTREPRISES SOUS PERFUSION

« L’accès aux soins des personnes démunies est en nombre croissant. La crise n’a pas encore montré tous ses effets, les entreprises étant sous perfusion avec les aides et mesures de reports. Une fois la perfusion retirée, les propos de ce colloque trouveront une incidence accrue », a analysé Sarah Farhi, directrice adjointe du CERC. D’après Sophie Sereno, maître de conférences Aix-Marseille affiliée au Centre du Droit Social, la loi pourvoit à tous, même les personnes sans droit de séjour. C’est au niveau de l’application de la loi et des discriminations que le bât blesse : « Des dispositifs garantissent l’accès à la santé mais les personnes en situation de précarité sont éloignées de leurs droits. Il y a trois causes majeures à cela : la méconnaissance de leurs droits, la complexité des démarches et l’exclusion. Beaucoup renoncent à faire valoir leurs droits face aux difficultés rencontrées. Et de nombreux professionnels de santé refusent de soigner certains individus en raison de critères discriminatoires. Ces critères ne cessent d’augmenter ». Agnès Gillino, coordinatrice de Médecin du monde à Nice, a complété ces propos : « Le verbiage administratif est une barrière, tout comme la barrière linguistique de la personne. Et la numérisation des démarches rend l’accès aux soins difficile. Enfin, il arrive qu’on leur refuse des soins jusque dans les hôpitaux » ! Le Pr. Philippe Pedrot, professeur de droit à l’université de Toulon, qui assurait la direction scientifique du colloque, a conclu : « Les Japonais les appellent les évaporés, ces invisibles que l’on voit sans voir et qui souffrent de solitude et d’isolement. Les plus démunis ne sont pas seulement les sans-voix, ce sont les oubliés. Et ils se font plus nombreux, plus pauvres. C’est une situation inédite qui ne fait que révéler ce qui était sous-jacent, cette mutation mondiale que nous vivons depuis trente à quarante ans. Avec des institutions en perte de sens, comme en témoigne l’ouvrage ‘Les institutions du sens’ du philosophe Vincent Descombes. L’institution médicale a pour sens de permettre un accès à tous, de soigner, de guérir mais aussi d’accompagner les personnes qui souffrent et d’aller vers les soins palliatifs. Ce n’est pas une question d’argent. Tout un chacun doit revenir au sens ! Comme le juriste qui doit aussi chercher la justice sociale et le bien commun ».

Laetitia CECCALDI Photo PRESSE AGENCE.