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Il répond aux questions de La Gazette du Var.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 13 septembre 2022 Lecture : 5 min
Il répond aux questions de La Gazette du Var.
Il répond aux questions de La Gazette du Var.© La Gazette du Var
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Quelle était votre motivation principale pour écrire ce livre, hormis le drame en lui-même ?

Il répond aux questions de La Gazette du Var.

Durant l’année 2014 et jusqu’au procès de leurs assassins, chaque jour, je me levais tôt et j’éprouvais le besoin irrépressible de me mettre à mon ordinateur pour décrire ce que je ressentais depuis le 17 juin 2012. J’étais à la retraite et mes journées commençaient systématiquement par l’écriture. Et tout naturellement, cela a abouti à un ouvrage où j’exprime toutes les étapes que j’ai traversées. C’est une mise à nu où j’explique avec pudeur mes doutes et mon état d’esprit. C’est aussi l’occasion de rendre un hommage appuyé à deux femmes gendarmes pour lesquelles j’avais beaucoup d’affection et d’admiration. Comme une nécessité de tenir en vie leur souvenir, avec gendarmes. C’est aussi une manière d’accomplir, encore une fois, un devoir de mémoire.

Comment votre livre est-il reçu par vos lecteurs ?

Avant la publication, j’étais assez inquiet sur la manière dont ce livre serait reçu, notamment par ceux qui me connaissent de près ou de loin. Et puis, petit à petit, les échos que l’éditeur ou moi-même recevions du récit, se sont révélés aimables, voire pour certains très élogieux. Le plus important était à mes yeux que les lecteurs comprennent le chemin que j’avais traversé à la suite de la nuit dramatique du 17 juin 2012 et qu’ils s’imprègnent des ressorts d’une vie de gendarme. De belles critiques proviennent de ma famille, mais des anonymes m’ont contacté pour me dire avec beaucoup de simplicité que je les avais bouleversés. Sans chercher à convaincre, j’ai atteint le but que je m’étais fixé, m’imprégner de cette vague de bienveillance pour apaiser ma douleur toujours présente. casquettes. Tantôt, il revêtait celle de la police administrative, tantôt de la police judiciaire et parfois de la police militaire (de moins en moins). L’adaptation aux nouvelles technologies et à l’innovation cyber ont rebattu les cartes. Il me semble que désormais beaucoup de décisions sont dictées par des algorithmes préétablis. La sécurité publique générale est la mission principale du gendarme de brigade, ce qui sousentend de la proximité avec la population. Cette reçue. La génération geek est une réalité dont il faut tenir compte. Celui qui, dès le plus jeune âge, a pris l’habitude de s’isoler sur son smartphone, n’est pas préparé à discuter avec n’importe quel individu au quotidien. Renouer avec le contact passe inévitablement par là. La seconde tient aux évolutions de la société dans ce qu’elle a de plus brutale. En raison d’un climat de défiance de l’autorité, les gendarmes de brigade sont devenus méfiants à l’égard de leurs congénères car leurs faits et gestes sont décortiqués même quand il ne se passe rien. proximité a peu à peu disparu de la culture des jeunes recrues qui profession comme un emploi comme tantôt comme une source de revenus, le vocable vocation est presque devenu un gros mot. Des sont d’expérimentation pour gendarmes de brigade se rapprochent de la population. brigades de contact, et plus récemment les postes mobiles, sont leviers pour tenter de se réapproprier le terrain. Je vois deux raisons principales à cette désaffection du contact de nos jeunes camarades avec ceux qui La à chercher l’éducation qu’ils ont

Quelles décisions seraient les plus opportunes pour stopper la petite et moyenne délinquance qui pourrissent le quotidien des Français ?

Il y a des règles immuables en matière de sécurité publique générale. La nature a horreur du vide ! Quand on abandonne le terrain à l’adversaire, il est compliqué ensuite de le reprendre. Le maillage territorial qui était une force il y a peu, a été dilué par la volonté de Nicolas Sarkozy notamment, dans une conception de la sécurité publique qui n’a pas fait la preuve de son efficacité. Les grosses unités qui ont, peu considèrent la à peu, remplacé plusieurs petites brigades ont tantôt recentré le travail du gendarme sur les priorités du moment en ne consacrant que peu ou pas un autre, de temps à ce que l’on appelait la surveillance générale des écarts. D’ailleurs les annonces du président Emmanuel Macron, lors de la clôture du Beauvau de la sécurité, sont allées dans ce sens puisqu’il envisage de créer 200 brigades de proximité dans des lieux qui ne voient plus dispositifs aucun gendarme depuis plusieurs années. C’est en cours une première observation. La seconde peut se résumer à plus de fermeté que les avec les délinquants quelle que soit la nature de l’infraction. Certaines juridictions, par manque de moyens, par accumulation des dossiers ou Les par idéologie, font preuve d’une indulgence funeste. La sanction quand elle intervient, n’est plus un moteur contre la récidive. Le législateur a tellement adapté le droit pénal, qu’il est de autant de plus en plus facile de contourner les éventuelles condamnations. J’aimerais profiter de cette occasion pour aborder un paramètre que l’on ne doit pas écarter, celui du temps de travail. De nos jours, les gendarmes sont régis par le code de la sécurité intérieure et leur temps de travail est adapté aux évolutions de la société. On ne les entourent. peut qu’en être satisfaits. Mais les missions se première est sont multipliées sans aucune compensation dans en termes de recrutements. Le dispositif de la gestion de l’événement tente de pallier les trous dans l’intervention nocturne essentiellement, sans véritablement y arriver puisque de nombreux groupements l’abandonnent. Il y a donc urgence à redonner confiance aux gendarmes, et plus globalement aux forces de l’ordre. Lutter contre la délinquance de voie publique passe nécessairement par une présence plus marquée et une fermeté sans compromis dans l’application des décisions de justice.

Photo PRESSE AGENCE Jean-François Charrat (à gauche), et Georges Cochet (à droite), capitaines honoraires de gendarmerie.