26/07/2026

« Tourisme et territoires, je t’aime moi non plus » !

Le congrès 2023 de Domaines Skiables de France s'est tenu à Toulon, au Palais des Congrès Neptune, les 5 et 6 octobre, en présence de François de Canson,…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 23 octobre 2023 Lecture : 5 min
« Tourisme et territoires, je t’aime moi non plus » !
« Tourisme et territoires, je t’aime moi non plus » !© La Gazette du Var
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Cette édition 2023 a proposé deux jours d'échanges et de discussions autour de l'actualité et des enjeux de la montagne, en présence des opérateurs de remontées mécaniques et de domaines skiables, des partenaires institutionnels de la profession et de personnalités politiques de premiers plans.

À l'invitation d'Alex Maulin, organisateur du congrès des Domaines Skiables de France, François de Canson a débattu du sujet à la mode, à savoir « Tourisme et Territoires, je t'aime moi non plus » ! MARCHÉ NATIONAL PUISSANT À la tête d'un réseau de 1 200 organismes territoriaux de tourisme, offices de tourisme, ADT et CRT, le président d'ADN Tourisme a donc apporté sa contribution à la réflexion générale : « Au niveau national, le nombre de journées de ski réalisées cette saison est semblable à ce qu'il était les années précédentes à +2 % par rapport à la moyenne des 3 derniers hivers hors crise sanitaire et à moins 1 % par rapport à l'hiver dernier.

« Tourisme et territoires, je t’aime moi non plus » !

À la tête d'un réseau de 1 200 organismes territoriaux de tourisme, offices de tourisme, ADT et CRT, le président d'ADN Tourisme a donc apporté sa contribution à la réflexion générale : « Au niveau national, le nombre de journées de ski réalisées cette saison est semblable à ce qu'il était les années précédentes à +2 % par rapport à la moyenne des 3 derniers hivers hors crise sanitaire et à moins 1 % par rapport à l'hiver dernier. Pour nos Alpes du Sud, nous faisons les mêmes saisons hiver et été que l'an passé. En juilletaoût, 67% des Français sont partis en vacances, soit une hausse de 3 points par rapport à 2022. La France reste la destination qu'ils plébiscitent à 88% » ! Le président du CRT a repris les chiffres de la saison : « La fréquentation se porte bien, portée par un marché national puissant et une densification des arrivées internationales. Les monde du tourisme, premier contributeur à notre balance commerciale, et de la montagne ont vécu deux saisons plongées dans le noir. Cette terrible expérience d'une pandémie jamais imaginée a mis en lumière la puissance des territoires et des acteurs privés quand ils jouent ensemble et coordonnés. Si nous sommes repartis si forts et si vite, c'est parce que chacun dans nos lignes, État - Régions - Territoires et acteurs privés, nous avons tiré dans le même sens. Enfin, un principe de réalité s'est imposé. Nos économies de montagne ne tournent pas sans ski. Cela ne veut pas dire qu'on ne doit pas travailler à la désaisonnalisation à grand renfort d'innovation et de sobriété. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler à la diversification et sortir d'une industrie monolithique. Cela veut juste dire qu'il faut arrêter les discours de salons où le ski bashing règne en maître. Aux États-Unis, dans le Colorado, une station de ski sans remontées mécaniques a ouvert en 2019. Elle ne rouvrira pas l'hiver prochain ! Après trois exercices à la rentabilité financière nulle, l'exercice était devenu intenable ». Concrètement, le changement de paradigme des sports d'hiver n'est pas celui d'un lendemain sans remontées et sans ski, mais celui de la complémentarité des activités dans le respect des écrins merveilleux qui les accueillent. Une fois démontré qu'il faut des touristes, du ski et des remontées, il reste un nombre de sujets à travailler et à sécuriser. Pour les stations de tourisme, et d'autant plus les stations touristiques de montagne, deux défis sont à relever à court terme, à savoir la question de l'énergie et des hébergements locatifs privés.

Pour nos Alpes du Sud, nous faisons les mêmes saisons hiver et été que l'an passé. En juillet-août, 67% des Français sont partis en vacances, soit une hausse de 3 points par rapport à 2022. La France reste la destination qu'ils plébiscitent à 88% » !

Le président du CRT a repris les chiffres de la saison : « La fréquentation se porte bien, portée par un marché national puissant et une densification des arrivées internationales. Les monde du tourisme, premier contributeur à notre balance commerciale, et de la montagne ont vécu deux saisons plongées dans le noir.

Cette terrible expérience d'une pandémie jamais imaginée a mis en lumière la puissance des territoires et des acteurs privés quand ils jouent ensemble et coordonnés. Si nous sommes répartis si forts et si vite, c'est parce que chacun dans nos lignes, État - Régions - Territoires et acteurs privés, nous avons tiré dans le même sens.

Enfin, un principe de réalité s'est imposé. Nos économies de montagne ne tournent pas sans ski. Cela ne veut pas dire qu'on ne doit pas travailler à la désaisonnalisation à grand renfort d'innovation et de sobriété.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler à la diversification et sortir d'une industrie monolithique. Cela veut juste dire qu'il faut arrêter les discours de salons où le ski bashing règne en maître.

Aux États-Unis, dans le Colorado, une station de ski sans remontées mécaniques a ouvert en 2019. Elle ne rouvrira pas l'hiver prochain ! Après trois exercices à la rentabilité financière nulle, l'exercice était devenu intenable ».

sans remontées et sans ski, mais celui de la complémentarité des activités dans le respect des écrins merveilleux qui les accueillent. Une fois démontré qu'il faut des touristes, du ski et des remontées, il reste un nombre de sujets à travailler et à sécuriser.

Pour les stations de tourisme, et d'autant plus les stations touristiques de montagne, deux défis sont à relever à court terme, à savoir la question de l'énergie et des hébergements locatifs privés.

HAUSSE DES COÛTS DE L'ÉNERGIE En termes d'énergie, en 2022, les stations de montagne ont fait face à une augmentation tarifaire conséquente à l'échéance des contrats énergétiques. Jusqu'alors, le tarif énergétique était en moyenne de 60 € le mégawattheure. Environ 40% des stations françaises (sur 300) ont renégocié leur contrat d'énergie.

Pour les stations des Alpes du Sud, il s'agit d'une augmentation qui peut aller jusqu'à 1 300 % du prix du mégawattheure, ce qui pourra représenter pour les petites stations jusqu'à 45% de leur chiffre d'affaires.

Pour les hébergements locatifs, en voulant remettre en cause les avantages fiscaux des meublés classés qui représentent à peine 20% des meublés de tourisme en France, on ne s'attaque qu'à une partie infime des locations saisonnières tout en risquant de porter atteinte aux efforts de qualification de l'offre. François de Canson a prévenu « Il est essentiel de ne pas stigmatiser l'ensemble des propriétaires, notamment les loueurs de meublés classés qui sont pour la plupart des non-professionnels et pour lesquels les recettes provenant de la location constituent un complément de revenus, favorisant, entre autres, l'entretien de logements concernés. En effet, la tension sur l'immobilier due aux locations saisonnières provient de la pression exercée par les loueurs professionnels par l'intermédiaire des plateformes.

Dans une recherche de solutions adaptées, il est nécessaire d'agir plus fermement vis-à-vis de ces loueurs professionnels qui, dans un grand nombre de cas, disposent de plusieurs logements. Par ailleurs, dans certains territoires où le manque d'hôtels est réel, le secteur de la location reste le seul moyen d'hébergement possible. La location de vacances est une source importante de création d'emplois et de richesses dans les zones rurales où il contribue à lutter contre les volets clos, et en montagne, où il limite le phénomène des lits froids ».

Pour le vice-président de la Région : « La clef, comme toujours, se trouve à l'échelle locale, une autonomie plus grande doit être laissée aux élus locaux pour répondre à la crise du logement selon les spécificités propres à leurs territoires.

En tant qu'acteur du tourisme institutionnel avec un réseau présent sur l'ensemble du territoire français, ADN Tourisme s'interroge sur l'opportunité d'une réglementation nationale au sujet d'un enjeu qui semble urbain et dans des zones où la pression sur le parc de logement est forte. En effet, il est impossible d'appréhender de la même manière les métropoles, les zones rurales, littorales ou de montagne ou encore les stations thermales. Pour cela, les maires doivent disposer d'un arsenal réglementaire leur permettant de prendre les décisions les plus adaptées en faveur du logement sur leur territoire, et ce, en fonction de ses spécificités.

Révision du zonage, modulation des avantages fiscaux sur la location des meublés, instauration d'une servitude de résidence principale, réglementation sur le changement d'usages des locaux sont autant de leviers sur lesquels les maires doivent pouvoir intervenir avec une certaine autonomie. Les maires, dont les communes sont classées en zone tendue, doivent avoir la possibilité de supprimer exceptionnellement l'avantage fiscal lié au classement applicable à la location des meublés de tourisme sur tout ou partie du territoire de leur commune ».