26/07/2026

Jean-Jacques Castillon : « Cessons de faire reculer les droits à construire » !

Pour ses derniers vœux en qualité de président de la Fédération du BTP du Var, Jean-Jacques Castillon a avoué son sentiment de fierté. L’action de nos…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 6 février 2024 Lecture : 5 min
Jean-Jacques Castillon : « Cessons de faire reculer les droits à construire » !
Jean-Jacques Castillon : « Cessons de faire reculer les droits à construire » !© La Gazette du Var
Partager

Sa fierté, c'est celle de transmettre une Fédération en bon état de marche, aussi belle qu'il l'a trouvée lorsqu'il en a pris la présidence en 2017. Aujourd'hui, la Fédération représente plus de 710 entreprises adhérentes, plus de 7 500 salariés et pèse pour près de 40% de l'outil de production du BTP varois.

(...) « Agir. Ce sera le verbe à conjuguer à tous les temps en 2024. Ne pas rester les deux pieds dans le même sabot pour contrer les effets délétères de la politique gouvernementale en matière de logement par exemple. En faisant une croix sur le soutien du logement auprès des Français, le Gouvernement a fait une croix sur un quart de notre activité.

Jean-Jacques Castillon : « Cessons de faire reculer les droits à construire » !

En décidant de faire du logement une variable d'ajustement budgétaire, le Gouvernement colporte l'idée fausse que le logement vivrait sous perfusion alors qu'il est contributeur net au budget de l'État. En 2021, cette contribution était de + 50 milliards d'€. Autre exemple, en supprimant le Prêt à Taux Zéro, ce qu'il en reste dans la loi de finance ou rien, c'est pareil !

Il prive non seulement les ménages les plus modestes d'espérer d'acquérir un premier logement mais il prive l'État de 34 000€ en moyenne à chaque PTZ », a indiqué le président de la Fédération.

CRISE DU LOGEMENT NEUF Puis il a repris : « Cette année dans le Var, nous aurons mis à peine plus de 6 000 logements en chantier. C'est 40% de moins qu'il y a 5 ans et les autorisations ne laissent augurer aucune amélioration. Cette crise du logement neuf, qui devient crise du logement tout court, est certes un drame pour notre secteur d'activité et nos entreprises mais c'est avant tout un drame pour les Français bloqués dans leur parcours résidentiel et un drame pour les finances publiques.

La chute du neuf et des transactions dans l'existant viendront sérieusement réduire le rendement des prélèvements associés, notamment sous forme de TVA à 20 % et de droits de mutation ».

S'adressant aux élus, il a insisté : « Cessons de faire reculer les droits à construire. Ne laissez pas la doctrine du Zéro Artificialisation Nette envahir vos esprits et vos décisions alors que l'objectif est pour 2050 ! Le logement n'est pas l'ennemi de vos communes et de vos budgets, bien au contraire. Il en est le moteur.

Face à l'abandon de la politique du logement, il reste à espérer que la construction de bâtiments non résidentiels se porte bien et que le secteur de l'entretien et rénovation, qui pèse pour plus de la moitié du chiffre d'affaires de la branche BTP, soit au rendez-vous avec une rénovation énergétique dynamique ». TRAVAUX PUBLIC IMPACTÉS Car, le secteur des Travaux Publics sera forcément impacté par la crise du logement. Chaque chantier de bâtiment commence par des terrassements et s'achève avec des travaux de voirie et réseaux divers analyse le président du BTP : « Les professionnels des TP tourneront immanquablement leurs yeux vers la commande publique que nous espérons soutenue.

Là encore, ce n'est pas le moment de faiblir dans vos investissements !

Les prochaines années seront difficiles et vous devez être au rendez-vous. Vos travaux d'infrastructures, voirie, réseaux et autres aménagements divers sont essentiels pour maintenir la qualité des conditions de vie de vos administrés et l'attractivité de notre département auprès des touristes. Ils sont aussi nos emplois !

L'emploi de milliers de collaborateurs qui vivent et consomment localement et votent, accessoirement aussi » !

« On m'a souvent fait le reproche, notamment à l'occasion de ce traditionnel discours des vœux, de plomber l'ambiance festive du moment et le moral des troupes en présentant une vision d'avenir généralement pessimiste. En résumé, nous serions des oiseaux de mauvais augure. Je voudrais rappeler que ça n'a pas toujours été le cas.

Lorsque les choses vont bien, il n'y a pas de raison de ne pas le dire et nous avons souvent salué les bonnes décisions même si elles sont souvent arrachées de haute lutte. L'action de nos Fédérations est de ce point de vue remarquable et apporte une réponse sans appel à celles et ceux qui doutent encore de leur utilité.

Mais force est de constater que ce que nous craignons et annonçons comme un avenir funeste se produit généralement. J'en veux pour preuve mon alerte de l'an dernier au sujet de la mise en place de la REP, la responsabilité élargie du producteur. Un dispositif qui nous promettait la gestion gratuite des déchets de chantiers triés.

Huit mois après son lancement, l'objectif reste vertueux et indiscutable, mais sa mise en œuvre est kafkaïenne. Les artisans et entrepreneurs du BTP se retrouvent coincés entre les éco-organismes et les gestionnaires de déchets. La seule chose qui fonctionne, c'est la collecte de l'écocontribution sur les matériaux qui, pour le moment, s'apparente à une taxe qui ne dit pas son nom ».

PERSPECTIVES ASSOMBRIES Pourtant, sur la crise du logement, voilà des mois que la Fédération Française du Bâtiment alerte sur le sujet. Avec les acteurs de la filière, qu'elle a contribué à mobiliser au sein de l'Alliance pour le logement, elle dénonce l'abandon incompréhensible du logement par le Gouvernement et alerte sur les conséquences qu'elle pourrait avoir sur la croissance en France.

« Puissions-nous avoir tort, mais je crains hélas que notre analyse soit encore la bonne. Dans ce concert d'incertitudes et de perspectives assombries, nous disposons toutefois d'une chance extraordinaire. Voilà de quoi nous mettre du baume au cœur et railler ceux qui nous taxent de pessimisme !

La transition écologique du pays ne se fera pas sans le BTP. Je dirais même qu'elle ne peut se faire que grâce au Bâtiment et aux Travaux Publics qui sont au cœur de la transformation de notre économie », conclut, avec une dose d'optimisme, Jean-Jacques Castillon (...)

.

Photo BTP du Var.