Martial Aubry (OIP) : « Le secteur immobilier est entravé par les règles d’urbanisme »
Une tendance stationnaire pour les logements sociaux dans le Var, un décalage avec le national pour le BTP, un parc locatif qui se porte bien mais reste…

Martial Aubry, président de la Délégation Territoriale Varoise de l'Observatoire Immobilier de Provence (OIP), analyse les grandes tendances de l'immobilier sur leurs secteurs respectifs. Comment se place le Var dans la situation nationale ? Martial AUBRY.

Avec une offre nouvelle en légère hausse de 4% sur l'ensemble du département pour le 2ème trimestre 2019, le Var constitue une exception, en regard de la tendance générale baissière constatée sur l'ensemble du territoire national. Cette embellie n'a toutefois pas d'impact sur les réservations nettes, qui plongent de 31% en comparaison de la même période pour 2018. Ces chiffres sont bien sûr à nuancer, entre l'Est et l'Ouest du département.
Mais il dénote un climat général peu favorable pour l'ensemble des professionnels de l'acte de construire, alors que dans le même temps, le marché de l'ancien se porte relativement bien.
Comment expliquer ces mauvais résultats ? MA.
Ils sont la conséquence d'autorisations de mises en chantier qui ne sont pas toujours en adéquation avec les priorités de nos concitoyens. Or, ces derniers restent toujours demandeurs de logements collectifs ordinaires et de logements sociaux. Dans le même temps, la confiance des ménages reste importante, d'autant qu'elle est largement soutenue par des conditions de crédit toujours aussi attractives.
La cause du blocage est donc à chercher ailleurs ? MA.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène, dont la raréfaction du foncier et la difficulté des collectivités locales à mettre en regard de l'ensemble des mises en chantier. Il est temps de lever les freins qui entravent la production de logements à prix abordables, en particulier dans les zones tendues – où la demande reste supérieure à l'offre ! Le rétablissement du PTZ aux conditions qui prévalaient avant 2018 serait de ce point de vue un geste politique fort.
en œuvre une nécessaire densification de la trame urbaine. Le lancement de plusieurs programmes d'envergure dans notre département, dont les éco-quartiers à Toulon et dans le centre Var, constituent des exceptions Le secteur est donc freiné par la réglementation ? MA.
Effectivement, cet élan est aussi entravé par des règles d'urbanismes trop restrictives qui ralentissent l'activité de l'ensemble de notre secteur, des PLU dont le processus de révision est trop long et des permis de construire dont l'attribution s'avère de plus en plus compliquée. Toutes ces lourdeurs administratives pèsent sur l'activité de notre secteur, sur notre capacité à maintenir les prix compétitifs et in fine sur la croissance de notre pays, dont l'immobilier reste un des moteurs. À nous de le rappeler aux candidats, en vue des prochaines élections municipales de 2020.
Texte et photo Thierry CARI
municipales de 2020. • Texte et photo Thierry CARI