26/07/2026

Un exercice nucléaire programmé sur la base navale

Cet exercice nucléaire à dominante sécurité civile, programmé les 12 et 13 décembre prochains, doit tester le Plan Particulier d’Intervention du port…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 11 décembre 2019 Lecture : 4 min
Un exercice nucléaire programmé sur la base navale
Un exercice nucléaire programmé sur la base navale© La Gazette du Var
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Le thème de l'exercice est un accident concernant la chaufferie nucléaire du Charles de Gaulle. Il a pour objectifs principaux de communiquer sur les installations nucléaires à Toulon et les plans de secours associés, et de tester le fonctionnement de l'ensemble de la chaîne de décision des pouvoirs publics (équipes d'intervention, postes de commandement, équipes techniques, cellules de communication), tant au niveau national que local.

La montée en puissance de la crise est jouée avec une succession d'impondérables imaginés par une équipe de scénaristes, nécessitant aux préfet maritime et préfet du Var de mettre en œuvre leur cellule de crise respective et de coordonner leurs actions pour endiguer le rejet nocif et protéger les populations. De plus, le plan particulier d'intervention (PPI) a pour but de déterminer la conduite à tenir et l'organisation des secours dans le cas d'un incident ou d'un accident nucléaire à cinétique lente survenant à l'intérieur du port militaire de Toulon mais dont les conséquences menacent les populations civiles riveraines (rejets de gaz radioactifs dans l'atmosphère pouvant entraîner des dépôts au sol) et l'environnement.

La zone d'application de ce plan concerne les communes de Toulon, La Seyne-sur-Mer et Ollioules.

Un exercice nucléaire programmé sur la base navale

PREMIER PORT MILITAIRE La ville de Toulon abrite le premier port militaire de la Méditerranée. La base navale de Toulon est à la fois un site industriel de premier plan, mais aussi un port de projection d'importance majeure pour les intérêts de la France. En effet, elle abrite 70 % de la flotte française, dont les six sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) et le porte-avions Charles de Gaulle.

Ces bâtiments ont pour particularité de fonctionner avec une propulsion nucléaire.

Si la maîtrise de cette technologie apporte un avantage opérationnel considérable, elle nécessite, en contrepartie, le respect d'exigences réglementaires et techniques très strictes en matière de sécurité nucléaire, identiques à celles mises en œuvre dans le domaine civil (EDF, AREVA NC...) Et, tout comme les autres acteurs dans ce domaine, la marine, deuxième exploitant nucléaire en France, est soumise à un contrôle permanent de ses activités et de ses installations.

CONTROLE DE LA RADIOACTIVITE Pour la défense, cette mission de contrôle est confiée au délégué à la sûreté nucléaire de défense (DSND). Il est chargé d'étudier et de proposer au ministre de la défense, la politique de sécurité nucléaire applicable aux installations et activités nucléaires intéressant la défense. Dans ce cadre, le DSND dispose des moyens humains et matériels spécifiques et peut s'appuyer sur des organismes experts dont l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Le DSND dispose également d'inspecteurs chargés de vérifier la bonne application de la politique de sécurité nucléaire dans les installations de la défense.

Car, la marine, comme tous les autres exploitants, doit démontrer à l'autorité de sûreté que ses activités nucléaires n'ont pas d'impact sur la population et l'environnement.

Pour cela, elle met en œuvre, sous l'autorité du préfet maritime, une surveillance environnementale au sein de la base navale, mais également dans un rayon de 25 km autour du site. Les résultats, issus de cette surveillance, sont contrôlés par les autorités de sûreté (civile et militaire) et rendus publiques. Par ailleurs, elle doit démontrer qu'elle est capable, à tous moments, de mettre en œuvre les moyens humains et matériels nécessaires pour mettre en situation sûre, en cas d'incident ou d'accident, les installations nucléaires qu'elle exploite.

Pour cela, elle met en œuvre une organisation de crise et réalise régulièrement des exercices de sécurité nucléaire.

• Ouvrez les sites... Défense et Sécurité sur www. cea. fr Le nucléaire en France sur www. cea. fr Des sous-marins nucléaires depuis 60 ans sur www. cea.

fr DÉCLENCHEMENT DU PPI Compte tenu de la nature des événements susceptibles de survenir dans ce lieu, le préfet et ses services peuvent rencontrer deux catégories de situations. D'une part, un accident à caractère radiologique, sans conséquences pour la population riveraine. D'autre part, un accident, à caractère radiologique, sur le site du port militaire de Toulon, qui pourrait ou non justifier un déclenchement différé du Plan Particulier d'Intervention en mode concerté, mais qui requiert la mise en place d'une cellule de crise.

Dans ce second scénario, le plus grave, les principales dispositions comprennent celles relatives à l'information immédiate de la population ainsi que celles destinées à sa protection.

Le Plan particulier d'intervention du port militaire de Toulon n'est pas une montée en puissance du Plan d'urgence interne (PUI) du port de Toulon, qui est de la compétence du préfet maritime pour la gestion d'une crise dans les limites du domaine militaire. Cependant, il s'articule étroitement avec ce dernier. En effet, tandis que le PUI du port de Toulon permet d'affecter les moyens du ministère de la défense à la maîtrise de la situation dans l'enceinte militaire et de protéger le personnel y travaillant, le Plan Particulier d'Intervention, mis en œuvre par le préfet du Var en liaison avec l'autorité militaire, a pour objectif de lutter contre les effets d'un accident à caractère nucléaire menaçant ou risquant de menacer les populations civiles et l'environnement, à l'extérieur de l'enceinte militaire.

www. ppitoulon. net