27/07/2026

Un échange sans langue de bois avec Emmanuel Macron

Lundi 7 août, Bernard Lannes, président national de la CR, et Véronique Le Floc’h, secrétaire générale, ont été reçus à l’Élysée par le président de la Ré-…

RGDi Rédaction Gazette du VarGiornalista 20 settembre 2017 Lettura: 3 min
Un échange sans langue de bois avec Emmanuel Macron
Un échange sans langue de bois avec Emmanuel Macron© La Gazette du Var
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Pour entamer cette réunion, sans langue de bois, Bernard Lannes a indiqué à Emmanuel Macron que les États généraux de l’alimentation ne doivent pas faire la part belle à l’agro-industrie au détriment des agriculteurs, ce que laisse pourtant craindre la nomination des présidents des différents ateliers qui ne laisse aucune place aux représentants des agriculteurs. Véronique Le Floc’h a également rappelé au président que les EGA ne peuvent s’inscrire uniquement dans une logique nationale. Du fait de la Politique Agricole Commune (PAC), l’agriculture française fonctionne, aujourd’hui, avec l’ensemble de ses partenaires européens.

LOGIQUE EUROPEENNE

Un échange sans langue de bois avec Emmanuel Macron

Les décisions structurelles, nécessaires pour changer le système, doivent être réfléchies dans une logique européenne. La question de la mise en place d’une régulation des productions et des marchés, cheval de bataille de la CR, a également été mise sur le tapis par le syndicat car, sans régulation au niveau européen, les prix payés aux producteurs ne pourront pas remonter.

Les EGA doivent aboutir sur une proposition allant dans le sens d’une réforme drastique de la PAC qui rende notamment impossible la vente à perte pour les agriculteurs

Autre sujet : la traçabilité des produits, mais aussi des marges ! La traçabilité des produits, nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire, doit servir d’exemple en s’appliquant également aux marges. Objectif : établir une meilleure répartition entre les différents maillons de la chaîne. Aujourd’hui, force est de constater que les agriculteurs sont les variables d’ajustement : alors que les intermédiaires font des bénéfices records, les prix payés aux producteurs, eux, n’évoluent pas. Le système coopératif doit, lui aussi, faire du ménage et remettre son principe de base «un homme, une voix» au cœur de son fonctionnement. Là encore, la Coordination Rurale a renouvelé une demande déjà formulée à l’ancien ministre de l’Agriculture : permettre aux syndicats agricoles représentatifs d’intégrer le HCCA (Haut conseil de la coopération agricole) afin d’y apporter la voix des agriculteurs et remettre cet outil entre leurs mains !

NE PAS ASSUMER LES ERREURS DE L’ETAT

Les représentants de la Coordination Rurale sont revenus sur les récentes annonces de Stéphane Travert concernant le transfert des aides du 1er pilier vers le second :

Cela ne résout rien de prendre aux uns pour donner aux autres, il faut trouver une autre solution pour combler le trou de 1 milliard d’€, laissé par le précédent gouvernement, dont les fonds étaient destinés à assurer le versement des aides promises aux agriculteurs
Les agriculteurs ne doivent pas assumer les erreurs de calcul de l’État, c’est pourquoi le syndicat a rappelé sa demande concernant l’ouverture d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur l’état des versements dont les agriculteurs souffrent de retards exorbitants

Autre piste proposée par la Coordination Rurale : utiliser une petite partie du budget du ministère de l’Écologie (estimé à 9 milliards) pour financer les aides à l’agriculture biologique (MAEC, ICHN...) et tenir, ainsi, les engagements de l’État sans pour autant amputer les fonds du premier pilier. L’Écologie, qui est un secteur transversal, pourrait logiquement soutenir cette agriculture et ses acteurs.

UN NOUVEAU PLAN MARSHALL

Enfin, pour relancer l’agriculture, le syndicat propose de mettre en place un plan de refinancement, un plan Marshall, pour aider le secteur comme cela avait été fait, il y a quelques années, pour les banques ; solution indispensable pour enrayer, à court terme, la disparition brutale de nombreuses exploitations. La délégation de la CR a rappelé que cette mesure d’urgence doit nécessairement s’accompagner de la mise en place d’une régulation permettant d’assurer des prix rémunérateurs. Sans cela, ces aides ne permettront aucun changement structurel et s’avéreront être, une fois de plus, du gaspillage d’argent public ! La Coordination Rurale est consciente que les États généraux de l’alimentation n’apporteront pas de solution immédiate mais qu’ils constituent la première étape pour une remise à plat du système. Cette rencontre s’est avérée constructive et a eu le mérite de permettre à la CR de porter ses revendications jusqu’à l’Élysée et de rappeler au Chef de l’État sa volonté de participer activement aux EGA.

EGA doivent aboutir sur une proposition allant dans le sens d’une réforme drastique de la PAC qui rende notamment impossible la vente à perte prendre aux uns pour donner aux autres, il faut trouver une autre solution pour combler le trou de 1 milliard d’€, laissé par le précédent gouverne- ment, dont les fonds étaient destinés à assurer le versement des aides promises aux agriculteurs», doivent pas assumer les erreurs de calcul de l’État, c’est pourquoi le syndicat a rappelé sa de- mande concernant l’ouverture d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur l’état des ver- agriculteurs souffre de retards exorbitants».