27.07.2026

Philippe Leonelli: „Wir haben 60 Jahre gebraucht, um einen klaren Blick auf die Wunden der...“

Am 25. September ehrte die Nation die harkis und andere Mitglieder der Hilfskräfte, die an der Seite der armée française kämpften...

RGVon Rédaction Gazette du VarJournalist 22. Oktober 2024 Lesezeit: 1 Min.
Philippe Leonelli : « Il nous a fallu 60 ans pour porter un regard lucide sur les blessures du passé »
Philippe Leonelli : « Il nous a fallu 60 ans pour porter un regard lucide sur les blessures du passé »© La Gazette du Var
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Im Jahr 1954, während einige Algériens sich dem front de libération national (FLN) anschließen, um für die Unabhängigkeit ihres Landes zu kämpfen, entscheiden sich andere für France und treten der armée française bei. Letztere, mehrheitlich von France bewaffnete Zivilisten, haben die Aufgabe, die Sicherheit von strategischen Punkten, Dörfern oder manchmal größeren Gebieten zu gewährleisten, aber auch an Militäroperationen an der Seite der armée française teilzunehmen. Das Ende des Konflikts bedeutet sowohl für die pieds noirs als auch für die ehemaligen Hilfskräfte – diejenigen, die man gewöhnlich als harkis bezeichnet – Zerrissenheit, Exil oder das Grauen für die im Land Verbliebenen, die als Verräter an ihrem Land gelten.

„MEIN HERZ BLUTET NOCH IMMER“

Philippe Leonelli : « Il nous a fallu 60 ans pour porter un regard lucide sur les blessures du passé »

« Ce furent aussi des moments particulièrement douloureux pour toutes et celles et ceux qui durent fuir leur pays pour rejoindre la France, cette France qui ne sut pas les accueillir, encore moins les intégrer. Écoutons Djillali Sahlaoui, harki de première génération, ancien combattant et victime de guerre, qui s’interrogeait, sur son statut dans ce pays pour lequel il s’était battu et qui n’avait pas su les accueillir dignement, sa famille et lui. Son témoignage participe de notre mémoire collective. Il est une richesse pour nous tous », a lancé Philippe Leonelli. A 81 ans, Djillali n'a rien oublié : « Ma mémoire reste très vive et très douloureuse sur cette tragédie de la guerre d’Algérie et, je revis ces traumatismes toutes les nuits avec des sueurs froides quand j’arrive à dormir en prenant un, deux, trois somnifères. À 18 ans à peine, insouciant, beau et fort avec une rage de vivre, je suis enrôlé en tant que supplétif de l’armée française, engagé dans une Algérie en pleine tourmente et ébullition pour servir le drapeau tricolore dans le maquis durant 4 ans et demi et combattre le FLN (...). Je décide de fuir l’Algérie le pays qui m’a vu naître, le pays de mes parents, de mes ancêtres, mes racines, mon village, ma terre, ma ferme, mes arbres, mes oliviers, mes figues, mon puits, ma maison, mes chèvres, mon âne, une jeunesse, des odeurs, des souvenirs heureux. Je suis un harki, un traître de la nation, voilà comment je suis reconnu et considéré en France et en Algérie. Mon cœur saigne toujours avec une mémoire meurtrie, des traumatismes, une blessure physique qui me rappelle chaque jour cette cruelle tragédie. En débarquant sur le port de Marseille en 1962, j’embrasse cette terre qui m’accueille et qui me sauve moi et ma famille d’une mort atroce mais je ne pense pas alors que j’allais mener une autre guerre plus longue, plus silencieuse, plus psychologique, plus sournoise, traumatisante pour ma survie et celle de ma famille. Nous étions considérés comme des indigents, des sauvages, parqués comme des animaux, dans des camps de fortune avec des baraques sans fenêtre, sans sanitaires, sans eau courante. Nous y avons vécu en supportant la faim, la soif, le manque d’hygiène, l’isolement, la solitude, l’inquiétude de ne pas avoir de nouvelles de notre famille laissée en Algérie, le manque de repères, la violence au quotidien, les vols, les cris, les pleurs, l’angoisse, les insultes, sans entrevoir d’avenir. Sans repères, désorientés, sans aide, abandonnés, livrés à nous-mêmes dans ce pays inconnu, ne comprenant que le vocabulaire de guerre, sans connaître la langue, l’écriture, les us et coutumes nous vivions au jour le jour avec l’angoisse du lendemain (...).

VERSÖHNUNG

Philippe Leonelli : « Il nous a fallu 60 ans pour porter un regard lucide sur les blessures du passé »

„Im Namen der Versöhnung, der Vergebung, der Pflicht des Gedenkens, einer verlorenen Jugend, einer geopferten Generation, können und dürfen Sie uns nicht mehr ignorieren, vergessen, verstoßen.“ „Am 20. September 2021 sprach der président de la République vor den harkis und ihren Familien. Er bittet die harkis um Verzeihung, erkennt die Schäden an, denen sie zum Opfer gefallen sind, gibt zu, dass sie von France im Stich gelassen wurden und dass einige ab 1962 unter unwürdigen Bedingungen in der métropole aufgenommen wurden. Das Gesetz zur Anerkennung der Nation gegenüber den harkis und den anderen Rückkehrern aus Algérie beinhaltet auch die Wiedergutmachung der erlittenen Schäden. Es wurde am 23. Februar 2022 verkündet. Es hat 60 Jahre gedauert. 60 Jahre, um es unserem Land zu ermöglichen, einen klaren Blick auf die Wunden der Vergangenheit zu werfen und langfristig eine Versöhnung der Erinnerungen aufzubauen“, schloss Philippe Leonelli. •